Première naissance à la suite d'une greffe de l'utérus d'une donneuse morte

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Le 15 décembre 2017, au Brésil, un bébé est né après avoir été conçu grâce à l'utérus prélevé sur une femme décédée, rapporte la magazine britannique The Lancet, mercredi 5 décembre. Elle était née sans utérus et a mis au monde une petite fille en parfaite santé. Pensant qu'elle ne pouvait avoir d'enfant naturellement, son opinion a commencé à changer en 2014, quand elle a découvert, par le biais d'un groupe de soutien pour femmes confrontées au même problème, la réussite des greffes de l'utérus en Suède. Elle avait déjà accouché de trois enfants.

C'est la première fois qu'une transplantation d'utérus à partir d'une donneuse décédée aboutit à une naissance, et c'est aussi la première naissance avec greffe d'utérus en Amérique latine. En 2016, une femme atteinte d'une absence congénitale d'utérus, a reçu celui d'une femme de 45 ans décédée d'une hémorragie cérébrale. Son cœur, son foie et ses reins ont aussi été donnés.

"La seule grossesse survenue après une greffe d'utérus prélevé post-mortem date de 2011 en Turquie" et s'était soldée par une fausse couche, observe le Dr Srdjan Saso, du département obstétrique de l'Imperial College de Londres.

L'opération a duré au total 10h30 et a été suivie d'un traitement immunosuppresseur pour éviter le rejet du greffon. Elle a eu ses règles au bout de 37 jours et ces dernières ont été régulières au bout de cinq mois, alors que les autres équipes médicales dans le monde attendaient un an pour que ce soit le cas. La grossesse est survenue après le premier transfert d'embryon unique (obtenu par fécondation in vitro) sept mois après la greffe.

La grossesse s'est déroulée sans encombre jusqu'à la naissance par césarienne à 36 semaines de gestation, le 15 décembre 2017.

Le bébé pesait 2,550 kilos à la naissance et était en parfaite santé. "Nos résultats apportent la preuve que cela peut fonctionner, pour offrir une nouvelle option aux femmes frappées par une infertilité d'origine utérine". Dans le monde, on estime à une sur 500 les femmes infertiles présentant une anomalie utérine.

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