Le Qatar quitte l'OPEP, les prix tanguent — Carburants

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Chercheur associé à l'OCP Policy Center (Rabat) et directeur de recherche à l'IRIS (Paris), Francis Perrin analyse dans cet entretien la décision prise hier par le Qatar de se retirer officiellement de l'OPEP.

Lors d'une conférence de presse donnée à Doha ce lundi matin, le ministre de l'énergie qatari Saad Al Kaabi a annoncé que son pays quitterait l'OPEP - à laquelle elle adhérait depuis 1961 - dès le mois de janvier 2019. Officieusement, pour prendre ses distances avec une organisation dominée par l'Arabie saoudite, qui a rompu ses relations diplomatiques avec le Qatar l'année dernière.

Le marché pétrolier mondial est de plus en plus dominé par l'Arabie saoudite, la Russie et les Etats-Unis, qui à eux trois se partagent environ le tiers de la production mondiale.

L'émirat continuera à produire du pétrole et à nouer des partenariats avec notamment le Brésil, premier producteur de pétrole en Amérique du Sud, mais se focalisera sur le gaz, a relevé M. Kaabi. Le président Donald Trump fait tout pour pousser cette production.

L'émir du Qatar a été invité par le roi d'Arabie saoudite à un sommet annuel du Golfe prévu dimanche à Riyad, en dépit d'une profonde crise diplomatique opposant les deux voisins depuis juin 2017.

Dans ce groupe d'États, la Russie et l'Arabie saoudite sont les deux plus grands producteurs de pétrole. Le Brent de mer du Nord, référence du marché mondial, se traite actuellement sous les 62 dollars le baril, à près de 25 dollars de son plus haut de quatre ans de 86,74 dollars en date du 3 octobre.

Ils se retrouvent jeudi à Vienne pour faire repartir les prix à la hausse. Depuis la position à l'international du prince héritier saoudien, Mohammad Ben Salmane, pointé du doigt dans cette affaire au retentissement international par des responsables turcs et américains, la diplomatie saoudienne est sous pression. Par exemple, le 16 novembre dernier, à l'issue du 33e sommet de l'Association des pays d'Asie du Sud Est (Asean) à Singapour, Vladimir Poutine avait déclaré: "La situation actuelle, avec un cours qui était récemment autour de 70 dollars, nous convient parfaitement", soulignant que le budget russe avait été bâti sur la base d'un baril à 40 dollars.

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