La France autorise l’extradition de François Compaoré vers le Burkina Faso

Share

La demande d'extradition de François Compaoré, exigée par le Burkina Faso, a été acceptée par la justice française ce 5 décembre.

Ouagadougou l'accuse d'avoir été l'instigateur de l'assassinat en décembre 1998 du journaliste Norbert Zongo, très critique à l'encontre du pouvoir de l'époque dans son pays.

Comme l'affaire de l'assassinat de l'ex-président burkinabè Thomas Sankara en 1987, le meurtre de Zongo garde une forte charge symbolique au Burkina, où la société civile a ces dernières années organisé nombre de manifestations et mobilisations pour réclamer la fin de l'impunité concernant la mort de ce journaliste.

Nous nous attendions à cela (Ndlr: Le pourvoi en cassation des avocats de François Compaoré).

A Koudougou, sa ville natale, son nom a même été donné à une avenue et à l'Université publique de la ville.

De ce que je sais de la procédure d'extradition en France, c'est qu'au finish de toute la procédure, un décret d'extradition doit être pris par les autorités françaises. Mais, comme je le dis et je le répète, c'est une grande victoire déjà d'étape.

Blaise Compaoré, renversé en octobre 2014 après 27 ans de règne, est pour sa part réfugié en Côte d'Ivoire. François Compaoré s'était enfui du Burkina lors de cette insurrection populaire. À ce jour, il n'est pas inculpé dans son pays dans cette affaire.

La cour d'appel de Paris avait refusé dans un premier temps, en juin dernier, de statuer sur la demande d'extradition du Burkina Faso et demandé des éléments matériels précis de nature à impliquer directement François Compaoré. "Ce n'est qu'à l'issue de cette procédure que la question de l'extradition et de son exécution se posera, c'est-à-dire pas avant 2020 ou 2021", a-t-il estimé. "Pour nous, déjà le fait que la Cour d'appel accepte l'extradition, est la preuve que les éléments fournis par l'Etat burkinabè dans le dossier des juges français, étaient suffisamment étoffés, pour au moins donner des gages d'une implication certaine de François Compaoré dans l'affaire Norbert Zongo", selon Prosper Farama.

Share