Affaire Khashoggi : des sénateurs américains accusent le prince saoudien

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La présentation mardi soir à huis clos au Congrès du rapport de la directrice de la CIA sur le meurtre du journaliste saoudien, Jamal Khashoggi, à l'intérieur du consulat d'Arabie Saoudite à Istanbul, le 2 octobre dernier, ne laisse plus de place au doute chez des sénateurs américains quant à l'implication directe de Mohamed Ben Salmane (MBS) dans cette affaire.

Elle avait affirmé disposer d'un enregistrement sonore dans lequel le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane ordonnait de "faire taire" le journaliste, selon le quotidien turc Hürriyet (.).

Le diplomate était rentré à Ryad début octobre peu après le meurtre du journaliste saoudien critique du régime dans le consulat d'Arabie saoudite à Istanbul. Enfin, d'autres travaillent à une résolution condamnant directement le prince héritier saoudien pour le meurtre.

Le général al-Assiri, ancien chef-adjoint du renseignement saoudien, et al-Qahtani, ex-conseiller "médias" à la cour royale, sont deux membres de la garde rapprochée de MBS. "Je pense qu'il est complice du meurtre de monsieur Khashoggi au plus haut niveau possible", a ajouté Lindsey Graham, pourtant un allié de Donald Trump au Sénat.

"Mohammed ben Salmane " est fou, il est dangereux, et il a mis cette relation en danger " car il n'est pas " fiable", a-t-il également lancé.

"Si je dis quelque chose, j'ai besoin de preuves", a-t-il déclaré.

M. Graham "est un sénateur et il a droit à ses opinions", s'est contenté de répondre M. Mattis.

Une résolution pour cesser tout soutien militaire à l'Arabie Saoudite dans la guerre au Yémen avait franchi avec une nette majorité, le 28 novembre, lors d'un premier vote au Sénat.

Des responsables de la CIA vont informer la semaine prochaine un nouveau groupe d'élus du Congrès américain de leurs conclusions sur le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, tandis que des sénateurs espèrent avoir avancé d'ici là sur des mesures de représailles à l'encontre de Ryad.

La pression internationale se faisant de plus en plus insistante, le procureur général saoudien avait annoncé l'arrestation de 21 personnes et requis la peine de mort contre cinq d'entre elles relativement à cette affaire considérée par le régime saoudien comme un " abus d'autorité " fomenté dans l'entourage du prince.

Signe de l'intérêt que cette affaire continue de susciter plus de deux mois après le meurtre, l'acteur américain Sean Penn se trouvait mercredi à Istanbul pour travailler sur un documentaire sur l'affaire Khashoggi.

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