"Gilets jaunes": retrouvez les mesures annoncées par Édouard Philippe

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"Fixer le cap et le tenir est une nécessité pour gouverner la France mais aucune taxe ne mérite de mettre en danger l'unité de la nation".

Édouard Philippe a notamment annoncé la suspension, durant six mois, de la hausse de plusieurs taxes sur l'énergie, "dans un souci d'apaisement". Cette suspension concerne donc la hausse de la taxe carbone, de la convergence diesel-essence et de la hausse de la fiscalité sur le gazole entrepreneur non routier. Il s'agissait de taxer davantage le diesel, jugé plus néfaste pour l'environnement, afin de le rendre plus onéreux, donc moins attractif.

Le Premier ministre était entouré lors de son intervention par les ministres Muriel Pénicaud, Jean-Michel Blanquer, François de Rugy et Marc Fesneau.

"Si les impôts baissent, il faudra que les dépenses baissent", a assuré le Premier ministre. Dans l'étrange ballet du pouvoir ces temps-ci, il faut noter l'emploi du "je" par Édouard Philippe, une quinzaine de fois en dix minutes de discours hier, et trois mentions seulement du président.

Pendant sa prise de parole, il a décidé de s'exprimer sur les violences survenues pendant les manifestations des Gilets jaunes et le moratoire décidé par le gouvernement.

Le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, a appelé mardi les "gilets jaunes" à maintenir leur mobilisation partout en France sauf à Paris, où la rencontre PSG - Montpellier, initialement prévue samedi, a été reportée "à la demande de la préfecture de police", selon la Ligue de football professionnel (LFP). Cette réunion confirmera l'annonce d'un moratoire sur l'augmentation de la taxe sur les carburants, ainsi que d'autres mesures d'apaisement afin de mener un débat sain pour pacifier le pays.

"Insuffisant": le chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau a accueilli avec prudence l'annonce. Nous souhaitons l'annulation de la hausse des taxes sur le carburant.

L'Élysée, laissant augurer des annonces rapidement, avait rapporté que cette entrevue avait "permis d'échanger sur les réponses à apporter aux mobilisations en cours".

Ébranlé par les violences et les dégradations qui ont entaché la manifestation des " gilets jaunes " samedi à Paris, le gouvernement est engagé dans une course contre la montre pour trouver une issue à la crise sur fond de nouveaux appels à manifester samedi prochain.

À droite, Laurent Wauquiez avait de nouveau plaidé pour un référendum, Marine Le Pen et la France insoumise évoqué une dissolution de l'Assemblée, et le PS brandi une proposition de loi de "sortie de crise" avec des mesures en faveur du pouvoir d'achat. "Consultation des partis d'opposition, utilisation du Premier ministre comme fusible, débat à l'Assemblée ce mercredi suivi d'un vote, soutien appuyé aux forces de l'ordre: le scénario élaboré par Emmanuel Macron après le chaos parisien du week-end est conforme aux institutions et à la vie politique sous la Ve République", commente Benoît Gaudibert dans L'Est républicain.

Et la première réunion vendredi avait viré au fiasco: seules deux personnes avaient honoré le rendez-vous.

Les syndicats lycéens contre les réformes dans l'Éducation nationale avaient jusqu'à présent peiné à mobiliser.

"Six mois, et après?", s'interrogeaient nombre de "gilets jaunes" sur les réseaux sociaux.

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