Le monde va dans la "mauvaise direction"

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" Même si nous sommes témoins d'impacts climatiques dévastateurs provoquant le chaos (...) nous ne faisons toujours pas assez, nous n'allons pas assez vite ". "Pour beaucoup de gens, de régions et même de pays, c'est déjà une question de vie ou de mort".

"Le Premier ministre de Fidji Frank Bainimarama, président de la COP23, a d'ailleurs saisi l'occasion dès l'ouverture du sommet pour souligner l'urgence de l'action".

Mais pour les pays en développement déjà particulièrement touchés par la multiplication des sécheresses, des tempêtes ou l'élévation du niveau des océans, ce sont les pays riches qui doivent faire plus, pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et pour aider le Sud à se préparer aux catastrophes.

"Que Dieu nous pardonne, si nous ignorons les preuves irréfutables, nous deviendrons la génération qui a trahi l'humanité", a-t-il prévenu. "La communauté internationale doit faire en sorte que justice soit faite", a déclaré la présidente du Népal Bidhya Devi Bhandari, évoquant notamment la fonte des glaciers himalayens.

Rappelons que lors de la Conférence de Paris sur le climat de 2015, 195 pays se sont engagés à oeuvrer pour contenir la hausse de la température moyenne de la planète " nettement en dessous de 2°C " par rapport aux niveaux préindustriels et de s'efforcer de limiter cette augmentation à 1,5°C.

Pour ne pas dépasser +1,5 °C, il faudrait des transformations "rapides" et "sans précédent", ont prévenu les scientifiques du Giec en octobre, insistant sur les différences "nettes" avec un monde à +2 °C qui subirait plus d'événements extrêmes ou une augmentation du niveau des mers plus forte. Mais si les flux augmentent, selon l'OCDE, cet objectif, loin de correspondre aux besoins colossaux, n'est pas encore atteint.

Mais les observateurs ne se font pas trop d'illusions sur l'issue de la COP24 après le rejet pur et simple de l'Accord de Paris par le président des États-Unis, Donald Trump et la tiédeur affichée par de nombreux pays qui tirent d'importants revenus de leur production de charbon, de pétrole et autres énergies fossiles.

Mais dans un contexte géopolitique peu propice aux engagements, financiers ou autres, c'est la Banque mondiale qui a fait sensation, annonçant sous les applaudissements une mobilisation de 200 milliards de dollars pour 2021-2025.

La lutte contre le changement climatique n'a pas encore pris la bonne direction, estime le secrétaire général de l'Onu.

De son côté, la Pologne, régulièrement critiquée pour son soutien à l'industrie charbonnière, rappelle qu'éliminer les énergies fossiles signifie aussi mettre sur le carreau les ouvriers spécialisés dans cette industrie.

Alors qu'en France la transition écologique fait l'objet d'un vif débat autour de la fiscalité verte et ses conséquences sur le pouvoir d'achat, la Pologne accueille la COP24.

Mais ce coup de semonce peut-il provoquer le branle-bas de combat nécessaire à la transition de l'économie vers la "neutralité carbone"?

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