Comment le populisme bouleverse aussi le paysage politique espagnol — Vox

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Le petit parti d'extrême droite, a donc fait dimanche une entrée en force au parlement d'Andalousie, remportant 12 sièges aux élections régionales et donnant la majorité aux partis de droite dans cette région du sud de l'Espagne gouvernée depuis 36 ans par le Parti socialiste, après dépouillement de 93 % des bulletins de vote.

Contrairement à l'extrême droite dans d'autres pays d'Europe, où "l'adversaire est l'Europe ou les immigrés", "en Espagne, l'adversaire est celui qui ne partage pas une idée particulière de l'Espagne, une idée assez franquiste d'une Espagne unitaire", ajoute-t-il.

Premier test électoral depuis l'arrivée du socialiste Pedro Sanchez à la tête du gouvernement espagnol en juin dernier, ces élections anticipées dans la région la plus peuplée d'Espagne et fief du parti socialiste, ont donc tourné à la désillusion. L'extrême droite, qui n'avait jamais enregistré le moindre succès électoral depuis la fin du franquisme, occupe d'un seul coup douze sièges dans un Parlement autonome qui en compte 109.

Vox a fait campagne contre l'immigration illégale et pour l'interdiction des partis indépendantistes catalans. Il s'est joint à l'accusation dans le procès des indépendantistes jugés pour " rébellion " pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne l'année dernière.

Dans un Tweet, la présidente du Front national Marine Le Pen a félicité Vox et son chef Santiago Abascal.

Il veut même supprimer l'autonomie des régions au nom des économies budgétaires et de la défense de l'unité de l'Espagne et demande l'abolition de la loi contre la violence machiste, estimant qu'elle va trop loin dans le " politiquement correct ".

Né en 2013, Vox est farouchement opposé à l'immigration illégale et à l'indépendantisme catalan.

La débâcle du PSOE en Andalousie est un camouflet pour Pedro Sanchez qui gouverne l'Espagne depuis six mois avec une minorité de 84 sièges sur 350 à la chambre des députés. Il devrait convoquer des élections législatives dans l'année qui vient, sans doute après les élections municipales, régionales et européennes de mai prochain.

Sous-évaluée dans les sondages en Andalousie qui ne lui donnaient que cinq sièges maximum, la formation d'extrême droite pourrait aussi l'être dans les sondages nationaux, qui évoquaient récemment la possibilité qu'elle obtienne un député en cas d'élections législatives anticipées.

En revanche le Parti libéral Ciudadanos (centre droit) bondit de neuf à 21 sièges mais sans parvenir à dépasser le PP. "Le changement l'a emporté aux élections andalouses, s'est écrié le chef de Ciudadanos, Albert Rivera". Mathématiquement, en s'alliant à Vox, les deux partis de droite auraient une majorité de gouvernement avec 59 sièges. Aucun parti n'a exclu cette alliance sans précédent. "Maintenant il s'agit d'empêcher que le gouvernement d'Andalousie ne soit à la merci d'un parti extrémiste, sexiste, homophobe et raciste", a-t-elle ajouté en soulignant qu'elle allait mener des négociations avec des groupes politiques.

De son côté, le leader de Podemos, Pablo Iglesias, a évoqué une " alerte fasciste ".

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