Médicaments à base de valsartan : des ruptures de stock à prévoir

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En France, entre 1,2 et 1,5 million de patients souffrant d'insuffisance cardiaque ou d'hypertension artérielle sont concernés.

Les trois quarts de ces médicaments utilisés pour soigner l'hypertension artérielle ont été rappelés à cause de la présence de substances probablement cancérogènes. Celle-ci est "classée, tout comme la NDMA, comme probablement cancérogène chez l'homme par l'OMS", indique l'ANSM. Cette décision est justifiée par la découverte d'une impureté potentiellement cancérigène, la NDEA (N-nitrosodiéthylamine).

De nouveaux rappels de médicaments à base de valsartan ont été annoncés jeudi en France par l'agence du médicament (ANSM) à cause de la présence d'une substance classée comme probablement cancérogène, ce qui va entraîner des ruptures de stock après une première vague de rappels début juillet.

L'été dernier, les laboratoires chinois Zhejiang Huahai Pharmaceuticals, Rundu Pharma et Tianyu Pharm, qui fabriquent le valsartan pour le compte des laboratoires qui produisent les médicaments à base de ce principe actif, avaient été mis en cause.

Le retrait des médicaments à base de valsartan prend une nouvelle ampleur.

Cette deuxième substance indésirable "a été mise en évidence à la suite des nombreuses investigations entreprises depuis le mois de juillet au niveau européen concernant le valsartan ". Ce retrait est, comme le premier, mis en oeuvre aux niveaux européen et international.

Dans le viseur de l'agence nationale de sécurité du médicament: des sociétés chinoises.

Onze laboratoires sont concernés par les deux rappels, qui ne touchent cependant pas forcément tous les médicaments à base de valsartan qu'ils produisent: Arrow Génériques, Biogaran, Cristers, EG Labo, Evolupharm, Mylan, Ranbaxy, Sandoz, Teva, Zentiva et Zydus. "Cela fait partie des investigations actuellement menées" au niveau international, a expliqué à l'AFP l'un des responsables de l'ANSM, Jean-Michel Race. L'agence invite toutes les personnes concernées par l'utilisation du valsartan à consulter leur médecin traitant pour envisager un autre traitement: il existe d'autres médicaments sur le marché "permettant d'assurer une prise en charge optimale des patients actuellement traités par valsartan", précise bien l'ANSM (voir toutes les recommandations ici). Par conséquent, "des ruptures de stocks conséquentes sont attendues rapidement". Il existe néanmoins des alternatives, "d'autres sartans [une classe de médicaments dont le valsartan est l'une des variantes, ndlr] et d'autres familles d'antihypertenseurs", a ajouté Jean-Michel Race. Il est recommandé aux patients de consulter leur médecin ou leur pharmacien pour savoir si le médicament qu'ils prennent est concerné par le rappel et, le cas échéant, s'orienter vers un autre traitement.

L'ANSM a mis en place en juillet un numéro vert pour répondre aux questions des patients et de leurs proches, le 0800 97 14 03.

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