Le nouveau rapport confirme son état irréversible — Affaire Vincent Lambert

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Cela fait 10 ans que Vincent Lambert, 42 ans, est sur un lit d'hôpital au CHU de Reims après un accident de voiture en 2008. Sa validité sera examinée le 19 décembre par le tribunal administratif. Dans un rapport datant du 18 novembre 2018, les experts mandatés par la justice confirment que son " état végétatif chronique irréversible" ne lui laisse plus "d'accès possible à la conscience".

Missionnés par le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, les experts devaient se prononcer sur l'état et l'évolution du patient. Une étape obligatoire avant l'éventuel déclenchement d'une procédure d'arrêt des soins, demandée depuis le 9 avril par le CHU de Reims où le patient est hospitalisé.

Vincent Lambert est dans un état d'incapacité fonctionnelle psychomotrice totale en 2018 comparable cliniquement à celui enregistré en 2014.

Guerre des tranchées dans la famille de Vincent LambertAu cœur de ce drame familial se joue une guerre de tranchées entre les proches de Vincent Lambert, chacun restant campé sur ses positions depuis la première tentative, avortée, d'arrêt des soins, en 2013.

D'après les éléments de l'avis rapportés par les médias, les médecins experts ont conclu que l'état de Vincent Lambert est stable: ils décrivent un "état végétatif chronique irréversible ", sans "accès possible à la conscience ".

Ce rapport pourrait ouvrir la voie à une nouvelle ère dans la bataille judiciaire concernant Vincent Lambert, dont le sort est depuis cinq ans noyé sous les recours juridiques et phagocyté par le débat sur la fin de vie.

Les conclusions des experts seront désormais remises à la justice. D'un côté, la femme de Vincent Lambert, son neveu et plusieurs de ses frères et sœurs sont favorables à l'arrêt des traitements et se battent pour selon eux, faire respecter la volonté de Vincent. La limitation extrême ou totale de ses capacités d'accès à la conscience, de communication, de motricité, d'expression de sa personnalité, l'altération irréversible de son image, lui portent atteinte à un point qui n'est (n'était) pas acceptable par lui-même et par son épouse et tutrice, au principal degré.

En revanche, ils observent que les soins qui lui sont apportés ne relèvent pas d'un "acharnement thérapeutique " ni d'une "obstination déraisonnable ": ces soins constituent la réponse ajustée à ses "besoins fondamentaux primaires (alimentation, hydratation, émonctoires, prévention cutanée, hygiène de base) ".

Ces deux aspects du rapport sonnent comme une victoire pour les parents de Vincent Lambert, qui réclament le transfert de leur fils. " Ce point est sans conséquence car la justice a déjà tranché la question ", remarque François Lambert, qui rappelle que la Cour de cassation avait rejeté la demande de transfert en 2017.

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