Paris match : Paludisme : l'OMS publie des "résultats alarmants"

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Sept pays de ce continent concentre plus de la moitié des décès (53 %).

"Personne ne devrait mourir du paludisme".

S'il fallait résumer le rapport 2018 de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur le paludisme, ce cri d'alarme synthétiserait le mieux l'analyse rendue publique lundi par l'agence de l'ONU. Il s'agit du Burkina Faso, le Cameroun, le Ghana, le Mali, le Mozambique, le Niger, le Nigeria, l'Ouganda, la République démocratique du Congo et la Tanzanie.

L'Organisation mondiale de la santé a publié son rapport annuel sur le paludisme le 19 novembre. Mais le monde fait face à une nouvelle réalité: "avec la stagnation des progrès, nous risquons de dilapider des années de travail, d'investissements et de succès dans la réduction du nombre des personnes souffrant de cette maladie", déplore le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l'OMS.

En réponse à cette situation, l'OMS lance un nouveau plan de lutte, à l'échelle des pays.

Malgré des hausses marginales ces dernières années dans la distribution et l'utilisation des moustiquaires imprégnées d'insecticide, principal moyen de prévention du paludisme, en Afrique subsaharienne, le rapport établit de grandes lacunes dans la couverture.

Le rapport de l'OMS estime que 50 % de la population en Afrique à risque dort sous moustiquaires imprégnées d'insecticide (MII) contre 29% en 2010.

Les pays membres de l'OMS ne semblent pas sur la bonne voie pour atteindre les deux objectifs qu'ils se sont fixés à savoir réduire de 40% l'incidence du paludisme et la mortalité associée par rapport aux niveaux de 2015. Trois autres pays, l'Algérie, l'Argentine et l'Ouzbékistan, ont demandé à l'OMS la certification officielle. Ainsi en 2017, " on estimait à 219 millions le nombre de cas contre 217 millions en 2016 ", note l'OMS.

L'Inde compte pour 4% des cas, mais, contrairement au pays d'Afrique où le paludisme sévit le plus, le nombre de personnes touchées y a diminué de 24% entre 2016 et 2017. "L'OMS et les partenaires de la lutte antipaludique mondiale continueront de faire tout leur possible pour aider les gouvernements, notamment dans les pays où la charge est la plus forte, à intensifier la riposte au paludisme".

Parallèlement au ralentissement de la baisse du nombre des cas de paludisme et des décès, le financement de la riposte mondiale a également marqué le pas, avec US $3,1 milliards mis à la disposition des programmes de lutte et d'élimination en 2017, dont US $900 millions (28%) provenant des pays d'endémie. Plus d'un quart de ces fonds provenait des pays touchés eux-mêmes, même si les États-Unis restent le plus gros contributeur avec 1,2 milliard de dollars investis (1 milliard d'euros).

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