Les infirmiers se mobilisent ce mardi

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Libéraux ou salariés, les infirmiers, dont 80% sont des infirmières, ont le sentiment "d'une profession laissée pour compte", d'après Daniel Guillerm, vice-président de la Fédération Nationale des Infirmiers (FNI), lors d'un point presse.Au total, seize organisations ont appelé à manifester, dénonçant le "mépris" du gouvernement, accusé d'avoir cédé au "lobby" des médecins.

Une vingtaine de rassemblements sont prévus à partir de 14h en région, notamment devant les préfectures, et à Paris, devant le ministère de la Santé, pour réclamer la "reconnaissance" de la profession, de meilleures rémunérations, plus d'autonomie ou encore un renforcement des effectifs dans les établissements.

Les infirmiers sont en colère.

En particulier, la création de 4000 postes d'"assistants médicaux", à mi-chemin entre la secrétaire et l'aide-soignante.

Trente ans après les grandes grèves de 1988, une partie des 660 000 infirmières sont à nouveau dans la rue. "Alors qu'on asphyxie les hôpitaux avec toujours plus de demandes d'économies, que des services ou des lits ferment chaque année, on crée un nouveau métier qui coûte 200 millions d'euros, financés par l'assurance maladie", s'insurge Thierry Amouroux, du syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI) CFE-CGC.

En cause: la présentation du plan Santé, par le président de la République le 18 septembre dernier, qui "n'apporte aucun moyen ni outil supplémentaire aux infirmiers libéraux, alors que ces derniers sont un élément incontournable de la réponse aux problématiques des déserts médicaux, d'accès aux soins non programmés, à la coordination et, d'une manière générale, de l'accès aux soins de proximité ". La profession infirmière était alors endeuillée par les suicides d'au moins cinq infirmiers survenus durant l'été.

Mais les infirmières libérales pourraient être les plus mobilisées ce mardi, leurs négociations avec l'Assurance maladie devant reprendre le 4 décembre, selon les syndicats. "Pourquoi ne pas donner aux infirmières certaines prérogatives" pour pallier le manque de médecins, suggère Daniel Guillerm, citant par exemple la possibilité de prescrire des soins de réhydratation aux personnes âgées pendant les canicules.

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