Comment Macron a survécu à son "itinérance " — Politique

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Depuis le début de la semaine, le président fait le grand écart entre les sujets mémoriels et les dossiers d'actualité, comme la hausse des prix du carburant.

Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a enfoncé le clou jeudi: "Il n'y a pas de polémique, il est évidemment hors de question de rendre" un tel hommage, malgré le "rôle" de Pétain dans la Grande Guerre.

Aujourd'hui, Emmanuel Macron s'est rendu dans l'usine du constructeur Renault à Maubeuge, dans le Nord de la France. Soit une partie de l'enveloppe de 1,4 milliard d'euros d'investissement promise par le groupe Renault pour la France pour les véhicules électriques et utilitaires. Il a assuré qu'il n'avait "jamais été question d'une célébration individuelle" du maréchal de 14-18 devenu le chef du régime collaborationniste de Vichy.

Si Emmanuel Macron l'a récemment taxé d'"opportunisme" et de "démagogie", les deux hommes ont fait assaut d'amabilités alors que M. Bertrand accueillait le chef de l'Etat mercredi dans l'Ehpad de Rozoy-sur-Serre. "On a trouvé la formule", s'est d'ailleurs réjoui le président de la République auprès de ses proches à l'issue de six jours de déplacement dans le nord et l'est de la France à l'occasion de la commémoration du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale.

Mais hélas! Toutes ses sollicitations du président français se sont soldés par un échec total puisse que le syndicaliste a eu à dire tout ce qui, lui tenait à cœur. "C'est pas grâce à vous", l'a coupé son interlocuteur. Mais face à l'acharnement du "syndicaliste SUD", il répète une seconde fois "pardonnez-moi de vous le dire, mais vous là, vous êtes ridicule..." Ce voyage permet au chef de l'Etat, très bas dans les sondages, de multiplier les bains de foule, son exercice de communication favori. "Venez-là Monsieur! Je vous écoute alors il faut que vous aillez la courtoisie de m'écouter", a alors répond le chef de l'Etat.

Mais il est confronté chaque jour à des expressions de colère, contre le faible montant des retraites ou la cherté des carburants, à une semaine d'un appel à bloquer les routes le 17 novembre.

"J'ai jamais pensé que c'était facile", a-t-il expliqué: "J'ai été élu en me faisant secouer et ça continuera jusqu'au bout, parce que notre pays ne peut pas, depuis trente ans, être dans le chômage de masse, et considérer que ça va bien".

Le président a passé l'après-midi à Notre-Dame-de-Lorette, site de la plus grande nécropole militaire française où reposent 22 000 combattants. "Je capte plein de choses, de messages, d'enseignements, je vois ce qui fonctionne, ce qui n'est pas compris, ce qui ne va pas assez vite dans ce qui est décidé".

Il a longuement parcouru l'Anneau de la mémoire accompagné de l'historien Yves Le Maner, et échangé avec les descendants de trois poilus français et britannique dont les noms figurent parmi les 580 000 gravés sur le monument en forme d'ellipse. Un millier de personnes, dont des écoliers et collégiens du département, ont assisté à la cérémonie qui a duré environ une heure.

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