Soixante-dix-neuf élèves enlevés dans une zone anglophone — Cameroun

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Parmi eux, 79 élèves, ainsi que le principal de l'école, un enseignant et un chauffeur, affirme une source de gouvernementale à l'AFP.

"Les recherches pour retrouver les otages ont été lancées, la mobilisation est totale", a ajouté cette source qui s'exprimait à l'issue d'une réunion de crise. "Nous n'y avons pas accès", a précisé une source proche de l'établissement.

"Nous allons ouvrir nos propres écoles ici, nous allons rester ensemble et combattre pour l'"Ambazonie", l'Etat que les séparatistes entendent créer, déclare un homme au micro du téléphone filmant la scène. Dans une vidéo, onze garçons d'une quinzaine d'années déclinaient un à un, en anglais, leur identité et indiquaient avoir été enlevés par les "Amba boys", les séparatistes anglophones.

La libération des élèves a été annoncée au lendemain de la prestation de serment à Yaoundé du président Paul Biya, 85 ans, au pouvoir depuis 36 ans, réélu le 7 octobre pour un 7ème mandat consécutif. Des enfants innocents sont devenus les victimes d'un conflit dont ils ne sont pas responsables. ", a réagi sur les réseaux sociaux Allegra Maria Del Pilar Baiocchi, coordonnatrice humanitaire de l'ONU pour le Cameroun. Nous attendons que toutes les parties s'engagent dans un dialogue constructif et inclusif pour trouver une solution à la crise en cours dans les régions Nord-Ouest et Sud-Ouest du Cameroun", conclue le Porte-parole.

Des affrontements se produisent ainsi quasiment tous les jours dans la forêt équatoriale depuis plusieurs mois. Les séparatistes ont décrété un boycott des établissements scolaires majoritairement francophones, estimant que le système scolaire marginalise les étudiants anglophones. C'est le plus important kidnapping dans cette zone anglophone depuis le début du conflit entre les séparatistes et l'armée. Mi-octobre, six élèves avaient été enlevés dans une attaque de lycée à Bamenda, selon des sources concordantes. Une information que les autorités avaient démenti. Le jour de la rentrée scolaire début septembre, un directeur d'école a aussi été assassiné, un professeur mutilé et plusieurs lycées attaqués.

Plus de 175 membres des forces de défense et sécurité camerounaises ont perdu la vie dans ce conflit, ainsi que plus de 400 civils, selon les ONG.

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