Midterms aux Etats-Unis : le pays toujours aussi divisé sous l'ère Trump

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Les banlieues plutôt aisées de plusieurs grandes villes comme Miami, Denver, Chicago, Kansas City ou encore Philadelphie, qui avaient tendance à voter républicain, ont massivement rejeté Donald Trump et ont basculé dans le camp démocrate.

Les démocrates obtiennent 26 sièges.

Alors qu'il s'agissait d'un des duels les plus attendus pour ces élections de mi-mandat; la candidate démocrate au poste de gouverneur en Géorgie refuse d'accepter sa défaite face à l'ultra-conservateur Brian Kemp. Alors qui a gagné? Qui a perdu? Marianne fait le point avec Corentin Sellin, professeur agrégé d'histoire et spécialiste des Etats-Unis.

Marianne: On prédisait un échec cuisant à Donald Trump lors des élections de mi-mandat.

Au Sénat, sur les dix sièges défendus par les démocrates dans des Etats que Trump a remportés lors de la présidentielle, trois ont été obtenus par les candidats républicains - Indiana, Missouri et Dakota du Nord -, renforçant la majorité du Parti républicain. L'État compte en outre sept courses réputées compétitives à la Chambre des représentants. La chambre des représentants est aussi active et a des pouvoirs tout aussi importants que le Sénat. Aucun grand nom ne se dégage.

Les supporters de Tom Malinowski, l'un des démocrates qui a fait basculer une circonscription traditionnellement républicaine à la Chambre des représentants, ont finalement exulté sur le coup de 22h20 (4h20 du matin en Suisse) lorsque les chaînes de télévision ont annoncé une victoire démocrate à la Chambre des représentants. Après tout, le " style Trump " semble toujours fonctionner, comme l'ont prouvé les victoires emblématiques des républicains au Texas (Ted Cruz réélu au Sénat) ou en Floride (élection au poste de gouverneur du très pro-Trump Ron DeSantis), deux Etats où il s'était personnellement impliqué.

Sur le plan de la politique étrangère, et notamment au Proche-Orient, ces élections ne devraient pas avoir d'impact majeur, grâce au Sénat resté républicain. "S'ils font ça, alors on revient à la politique, et on ne fera plus rien, a prévenu Trump". Mais les efforts n'auront pas suffi pour conserver une majorité républicaine au Congrès. Est-ce un fantasme de vaincu?

Pas du tout! Depuis l'arrivée massive des Républicains il y a une dizaine d'années à tous les niveaux du pouvoir, il y a une opération concertée pour s'emparer des assemblées locales et charcuter les cartes électorales.

À la tête de la nouvelle Chambre, Nancy Pelosi pourrait s'attacher à faire adopter des projets de loi sur l'extension de l'assurance maladie, la rénovation des infrastructures, le contrôle des armes à feu, le financement des campagnes électorales, la protection de l'environnement et l'annulation des réductions d'impôts pour les hauts revenus.

Le jeune espoir démocrate Beto O'Rourke, qui avait reçu tardivement le soutien de la chanteuse Beyoncé, n'a, en revanche, pas réussi à créer la surprise au Texas. Même chose dans le Connecticut avec Jahanna Hayes. Et certaines des figures clés du parti qui seront en mesure de forcer les fonctionnaires de l'administration Trump à témoigner sont juives. Il faut faire attention à ce que l'opposition à Trump ne fasse pas basculer dans des biais idéologiques.

Jamais autant de femmes, ni de femmes issues de minorités, n'ont été élues au Congrès, surtout du côté démocrate où la colère anti-Trump s'est cristallisée dans un nouveau souffle politique. Ne peut-elle pas émerger dans un parti en manque de leaders?

Les Américains ont voté pour renouveler 33 sénateurs et désigner les 435 membres de la Chambre des représentants. Il y a une raison.

Les enjeux des élections de mi-mandats revêtent une dimension nationale, mais aussi et avant tout locale. Une élection ne fait pas une génération.

Pour Denis Lacorne, ces élections de mi-mandat marquent une autre déconvenue pour Donald Trump: il a perdu le vote des femmes.

C'est une possibilité, oui.

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