Européennes : la campagne d’incitation au vote accusée de rouler pour LREM

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", " Europe: union ou division? La vidéo dirige également vers une page #OuiJeVote sur gouvernement.fr et une citation d'un discours du président à la Sorbonne en septembre 2017: "Tous les défis qui nous attendent - du réchauffement climatique, à la transition numérique, en passant par les migrations, le terrorisme, sont des défis mondiaux face auxquels une nation qui se rétrécit sur elle-même ne peut faire qu'à peu près et peu de choses".

Les images présentent des scènes particulièrement catastrophiques comme celles de migrants sauvés en pleine mer ou encore celles de femmes avec leurs enfants avant d'enchaîner sur les images du Premier ministre hongrois haranguant les foules. Un texte s'affiche: "Immigration: maîtriser ou subir?". "En mai 2019, l'Europe changera, à vous de décider dans quel sens", est-il écrit à la fin du clip.

Des images marquantes, une musique alarmante et surtout la présence des deux leaders nationalistes qu'Emmanuel Macron s'attache à désigner comme ses ennemis ces dernières semaines. A plus de six mois du scrutin, la vidéo postée sur le compte YouTube du gouvernement pour sensibiliser les citoyens au vote du 26 mai énerve sensiblement les oppositions à Macron. Ainsi, le débat sur la liberté de circulation des capitaux, le protectionnisme ou les travailleurs détachés est habilement transformé en un faux dilemme "emploi: partenaires ou concurrents".

Le leader de l'extrême droite italienne, Matteo Salvini, avait lui-même réagi dès dimanche dernier sur Twitter.

Dans un tweet publié le 2 novembre, la président du Rassemblement national Marine Le Pen en a profité pour tacler l'éditorialiste de BFM TV Christophe Barbier, ironiquement qualifié de "porte-parole du gouvernement".

Le chef de l'Etat en rajoute dans un entretien à Ouest-France le risque pour l'Europe "de se démembrer par la lèpre nationaliste". Le mouvement Générations a annoncé, ce jeudi, qu'il allait saisir le CSA et la Commission nationale des comptes de campagne. Plus à gauche, Rachid Temal, du Parti socialiste (PS), déclare que le spot gouvernemental est "la reprise texto des propos de M. Macron", celui-ci essayant de "nous faire croire qu'il n'y aurait qu'une option, la sienne". Macron et ses amis doivent avoir très peur.

Du côté gauche de l'opposition, le problème est donc plutôt le "contenu totalement orienté, notamment la présentation nauséabonde qui est faite de l'immigration à maîtriser ou à subir (qui) n'a aucun rapport avec une incitation à la citoyenneté", insiste encore Mehdi Ouraoui de Génération.s. Une vision à l'opposé des adversaires politiques de droite mais qui se rejoint sur le sentiment d'une utilisation abusive de l'argent public.

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