Les Etats unis demandent la fin de la guerre au Yemen

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Interrogée également sur l'utilisation d'armes françaises dans le conflit contre la rébellion des houthis du Yémen (au moins 10.000 morts depuis le début du conflit), la ministre a tenu à assurer que "les armes vendues récemment à l'Arabie saoudite ne sont pas utilisées contre les populations civiles".

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a lui aussi appelé mardi à la fin des hostilités au Yémen. Il exige aussi des rebelles houthistes de ne plus lancer de missiles contre l'Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis.

Dans un rapport publié en août dernier, un groupe d'experts de l'ONU a conclu que toutes les parties avaient potentiellement commis des "crimes de guerre" au Yémen, mais que les frappes aériennes de la coalition menée par Ryad avaient causé "le plus de victimes civiles directes".

Jim Mattis a plaidé pour le même enchaînement, appelant "tout le monde" à rejoindre la "table de négociations sur la base d'un cessez-le-feu" qui verrait d'abord un retrait des rebelles Houthis de la frontière avec l'Arabie saoudite, "puis un arrêt des bombardements" de la coalition arabe.

"L'arrêt des hostilités permettra à l'émissaire de l'ONU pour le Yémen de " réunir " les différentes parties " en Suède", a poursuivi M. Mattis, sans préciser où exactement se tiendrait cette réunion ni qui l'organiserait.

En mars 2015, la coalition sous commandement saoudien est intervenue en soutien des forces loyalistes. "Il est plus que temps que cela cesse", a-t-elle déclaré, avant de rappeler que la guerre, lancée par le sulfureux prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman, est à l'origine d'une crise humanitaire sans précédent.

Le rôle de Riyadh dans la mort du journaliste saoudien Khashoggi à Istanbul a conduit l'administration de Donald Trump à se montrer sévère dans la crise humanitaire yéménite, pour laquelle les Nations unies ont nommé un envoyé spécial, Martin Griffiths, qui a mis en garde contre un risque imminent de famine.

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a appelé vendredi à la fin des "violences" au Yémen pour éviter que le pays ne tombe dans un "précipice".

L'Arabie saoudite dirige une coalition militaire arabe qui intervient dans le conflit yéménite depuis 2015, afin de soutenir le gouvernement légitime du président Abdrabbo Mansour Hadi, poussé à l'exil par les houthis. Histoire "d'éteindre le feu", les principaux fournisseurs d'armes d'Arabie Saoudite sont aujourd'hui contraints de prendre leurs distances avec Riyad et de tenir une position ferme contre la guerre au Yémen, trop longtemps et consciencieusement ignorée par les partenaires du royaume wahhabite.

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