Google : des milliers d’employés manifestent contre le harcèlement sexuel

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Parmi eux Andy Rubin, créateur d'Android.

Au siège social du groupe, à Mountain View (Californie), des images diffusées par des salariés sur Twitter et par des télévisons locales montraient des milliers de salariés - surnommés "Googlers"- rassemblés entre les nombreux bâtiments du campus, le "Googleplex", en pleine Silicon Valley, le berceau des géants technologiques. Ce n'est pas la première fois ces derniers mois que Google doit affronter la colère de ses propres employés.

Les organisateurs du mouvement avaient appelé les quelque 90 000 employés de Google dans le monde à sortir de leurs bureaux à 11 h du matin, dans leur fuseau horaire respectif.

"Nous protestons pour soutenir nos collègues qui ont été victimes de harcèlement et pour réclamer que les auteurs ne soient pas protégés ou récompensés", a déclaré à l'AFP Sam Dutton, un développeur.

Plusieurs milliers de salariés et sous-traitants de Google ont organisé jeudi à la mi-journée des arrêts de travail en Asie, en Europe et en Amérique du Nord afin de protester contre les comportements sexistes, racistes et les abus d'autorité dans les filiales de l'entreprise.

Plusieurs personnes se sont succédé au mégaphone pour pousser les manifestants à exiger un changement de culture chez Google, où les femmes représentaient en 2017 seulement 31% des salariés, et 25 % des responsables.

Très vite après la publication de l'article du New York Times, Google s'est dit solidaire de ses salariés. "Chez Google, on attend de nous qu'on soit exceptionnel, qu'on tienne nos objectifs".

"On s'était dit qu'on serait content si 50 personnes venaient", a-t-elle indiqué à l'AFP.

L'article évoquait également le cas de Richard DeVaul, un des dirigeants de X, le prestigieux laboratoire d'Alphabet (la maison mère de Google) chargé des projets "fous " de l'entreprise - X est par exemple à l'origine des Google Car et des Google Glass.

Il a quitté le groupe en 2014 après avoir été accusé de harcèlement sexuel, mais sa "sanction" semble avoir été plutôt légère, puisqu'il aurait empoché une indemnité de départ de 90 millions de dollars, assure le New York Times.

Mardi soir, dans un autre message interne publié par le site spécialisé Ars Technica, le dirigeant a été plus explicite, se disant "profondément désolé pour les actions passées et le mal qu'elles ont causé aux employés".

Dans le monde entier, des employés de Google ont investi la rue pour manifester leur désaccord avec la politique de leur direction, accusée d'avoir couvert des cas de harcèlement sexuel.

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