Après une vidéo choc, un abattoir certifié bio provisoirement fermé

Share

Pendant plus de 3 minutes, difficilement supportables, on y voit "des vaches gisant dans le sang de leurs congénères, un chevreau hurlant, pendu encore vivant à un crochet, un salarié qui s'y prend à plusieurs fois avant de mettre à mort des bovins qui meuglent" décrit le quotidien. Et pourtant, les images divulguées par L214 témoignent de pratiques ne cherchant pas à limiter la souffrance des animaux. "Aucun contrôle de sensibilité n'est effectué après l'utilisation du matador (pistolet à tige perforante) censé étourdir les animaux", écrit l'association dans un communiqué. "Des bovins commencent à être découpés alors qu'ils sont encore vivants".

Dans un tweet publié ce samedi 2, le ministre a évoqué "les actes intolérables" pratiqués envers les animaux et annoncé que la Brigade nationale d'enquête vétérinaire allait être diligentée pour mener une enquête administrative.

L'association, qui milite pour un meilleur traitement des animaux élevés et abattus pour la consommation, affirme avoir filmé ces scènes entre fin août et début septembre dans cet abattoir certifié bio et qui abat quelque 17.000 animaux chaque année.

"Sur la base des conclusions, des décisions appropriées seront ensuite prises", est-il précisé dans le communiqué du ministre.

Pour sa part, François de Rugy, ministre de la Transition écologique et solidaire, a condamné "fermement les pratiques cruelles, inadmissibles en France en 2018". Des infractions pourtant déjà identifiées dans un rapport des services vétérinaires datant de 2016, selon L214.

L'association a porté plainte auprès du procureur de la République de Châteauroux pour "maltraitance et actes de cruauté".

L'abattoir de Lacs, où ont été tournées les images, a lui aussi déposé plainte, mais "pour intrusion dans les locaux et captation d'images dans un lieu privé", selon France Bleu Berry.

"Il serait trop facile de pointer du doigt les employés des abattoirs [car] si eux font le sale boulot, les commanditaires de ce meurtre alimentaire, c'est nous", commente Samaha Sam. Tandis que L214 demande "à Système U et Carrefour, qui commercialisent de la viande issue de cet abattoir, de cesser immédiatement de s'approvisionner auprès de celui-ci".

Les deux distributeurs ont décidé de ne plus travailler dans l'immédiat avec l'abattoir incriminé, ont-ils déclaré à l'AFP. "Ils ont un métier difficile", a-t-il réagi en qualifiant les militants de L214 de " donneurs de leçons ". Didier Guillaume a dénoncé dans un communiqué les "pratiques inacceptables " de l'établissement.

Share