Réunion de crise avec les syndicats et les élus — Aciérie Ascoval

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Le groupe Altifort, basé dans la Somme, a présenté une "offre ferme" de reprise, s'engageant à maintenir l'ensemble des emplois et à en créer de nouveaux, mais il demande au sidérurgiste français Vallourec, principal client désormais premier actionnaire, de maintenir pendant un an et demi son niveau actuel de commandes.

Or, Vallourec, dont l'Etat est actionnaire à 17%, a refusé en début de semaine cette demande qu'il juge "contraire à la préservation (de ses) intérêts", suscitant la colère des syndicats et des élus locaux.

Le gouvernement va demander à un cabinet indépendant d'évaluer le site de l'aciérie d'Ascoval de Saint-Saulve (Nord), en redressement judiciaire, afin notamment de déterminer la crédibilité de la principale offre de reprise présentée à ce jour, a déclaré jeudi Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'Etat à l'Economie.

Des salariés d'Ascoval de Saint-Saulve (Nord), en redressement judiciaire, bloquaient vendredi matin toutes les entrées du site de Vallourec, actionnaire de l'aciérie, à Aulnoye-Aymeries, près de Maubeuge, pour faire pression sur le gouvernement qui réunit dans la journée à Bercy les acteurs du dossier. "On ne peut pas se désengager du site, de ses salariés aussi facilement, aussi rapidement, en s'en lavant les mains". " Le sentiment, c'est que le tribunal veut trouver une solution positive et on va continuer à mettre la pression sur Vallourec ", a déclaré Olivier Burgnies, délégué CFDT d'Ascoval.

" On a été professionnels, dignes".

Cette initiative a été jugée bien trop tardive par les syndicats "à quelques jours de la mort d'un site", selon les mots de Bruno Kopczynski, porte-parole de l'intersyndicale d'Ascoval, pour qui "le gouvernement réagit dans la panique".

'Les demandes d'Altifort contraindraient Vallourec à acheter à cette société son acier à des prix de plus de 30% supérieurs à ses autres sources d'approvisionnement, mettant en péril les activités françaises et européennes du groupe', explique Vallourec. "Je vous laisse imaginer ce que peuvent ressentir nos collègues", a-t-il ajouté. Ils sont d'autant plus furieux que Bruno Le Maire n'a pas fait lui-même le déplacement. " La décision [par le conseil d'administration] de ne pas soutenir Altifort a été prise à l'unanimité ", s'est-il emporté.

Ces conditions ont été rejetées lundi par Vallourec.

Altifort propose au tribunal d'investir 140 millions d'euros, financés grâce à des fonds propres, des prêts bancaires, des fonds d'investissement ainsi que diverses aides publiques.

Bertrand a estimé que l'entreprise pouvait être sauvée si "Vallourec jou (ait) le jeu et si l'État, qui est actionnaire de Vallourec, jou (ait) le jeu".

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