L'extrême droite proche du pouvoir — Présidentielle au Brésil

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Ce catholique défenseur de la famille traditionnelle qui a reçu le soutien crucial des puissantes églises évangéliques et veut qu'un tiers de son gouvernement soit constitué de généraux a indigné, par ses déclarations outrancières, une bonne partie des Noirs, des femmes et des membres de la communauté LGBT.

L'accession au pouvoir de cet ancien capitaine, qui avait frôlé la victoire dès le premier tour, le 7 octobre dernier, a été facilitée par le rejet dans l'électorat du Parti des travailleurs, la formation de la gauche brésilienne qui a dirigé le pays pendant treize des quinze dernières années avant d'être emporté par des scandales de corruption à répétition. "Ceci n'est ni la promesse d'un parti, ni la parole vaine d'un homme, mais c'est un serment devant Dieu", a-t-il poursuivi, répondant ainsi à ses détracteurs qui le voient comme une menace pour la démocratie.

Une action symbolique en forme de clins d'oeil au "professeur" Fernando Haddad, le candidat du Parti des travailleurs (PT), un universitaire qui fut ministre de l'Education sous le mandat de son mentor, l'ex-président Lula.

"Le Brésil a été libéré du communisme, du communisme de Cuba et du Venezuela", a scandé Sheila Sani, 58 ans, déployant un grand drapeau du Brésil. En revanche, il a demandé que ses "45 millions d'électeurs soient respectés", alors que Jair Bolsonaro avait, durant sa campagne, promis à ses opposants "la prison ou l'exil". "Nous avons la responsabilité de représenter une opposition qui place les intérêts de la Nation au-dessus de tout".

Le chef de l'Etat "félicite Jair Bolsonaro, élu par le peuple brésilien à la présidence", indique l'Elysée dans un communiqué.

Ainsi, l'écart entre les deux prétendants à la succession du conservateur Michel Temer, pour un mandat de quatre ans, est passé de 18 points à la mi-octobre à 8 à 10 points à la veille du scrutin, permettant à la gauche d'y croire encore.

La star du football Neymar a affirmé qu'il espérait que "Dieu puisse utiliser (Bolsonaro) pour aider notre pays". Avant lui, le président américain Donald Trump a appelé dimanche soir Jair Bolsonaro pour le féliciter. La campagne a été alimentée par des discours de haine et émaillée de violences, Jair Bolsonaro lui-même ayant été victime d'un attentat à l'arme blanche qui a failli lui coûter le vie, le 6 septembre. "Jamais je n'ai vu une élection aussi polarisée", dit-il, "les dernières fois on votait par choix, et non contre quelque chose".

La liste est longue des Brésiliens qui ont de quoi être inquiets de l'avenir après les déclarations agressives du candidat Bolsonaro qui avait dit vouloir gouverner " pour la majorité, pas pour la minorité ". "Je suis venue très tôt, et c'est important parce que chaque voix compte", a déclaré à l'AFP Maria do Socorro, une électrice de 74 ans, devant son bureau de vote de Copacabana, à Rio de Janeiro.

Dans la foulée des résultats présidentiels, l'ONG Human Rights Watch (HRW) a d'ailleurs lancé un "appel urgent" à "protéger les droits" démocratiques du Brésil.

Pour Marcio Coimbra, de l'Université presbytérienne Mackenzie, le Brésil a des garde-fous solides avec "un parquet fort, une Cour suprême forte et un Congrès qui fonctionne".

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