Derniers préparatifs avant l'inauguration — Nouvel aéroport d'Istanbul

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C'est pourquoi il inaugure en grande pompe ce lundi à Istanbul un nouvel aéroport destiné à devenir "le plus grand du monde" et une vitrine des méga-projets d'infrastructures qui ont transformé la Turquie depuis son arrivée au pouvoir.

C'est l'un de ses " projets fous", ainsi que le président turc Recep Tayyip Erdogan désigne les infrastructures géantes qu'il lègue à Istanbul.

Pour rappel, en 2017, l'aéroport américain d'Atlanta arrivait en tête de ce classement avec 103,9 millions de passagers par an. En juin, le président turc, alors en pleine campagne électorale avait assisté à un premier atterrissage et déclaré: "Avec l'aide de Dieu, cet aéroport, plus que le signe de notre prestige, deviendra notre marque".

Recep Tayyip Erdogan doit annoncer le nom du nouvel aéroport. Il remplacera Atatürk, " ce qui est une erreur car c'est totalement démesuré ", assène l'urbaniste Orhan Demir, enseignant à l'université Mimar Sinan d'Istanbul. Un défi de taille sera le transfert des équipements de l'aéroport Atatürk au nouveau site lors d'une opération délicate fin décembre qui durera 45 heures.

Vue du nouvel aéroport d'Istanbul, lors de son inauguration le 29 octobre 2018. Enfin, la présence prévue lundi à l'inauguration du président soudanais Omar el-Béchir, recherché pour génocide par la Cour pénale internationale, risque de faire grincer des dents. En 2019, elle devrait ajouter une quarantaine d'appareils à sa flotte. "D'ici 2023, nous transporterons 120 millions de passagers par an", explique un cadre de la compagnie ayant requis l'anonymat.

Cet aéroport fait partie des grands projets d'infrastructures ardemment défendus par M. Erdogan, qui veut faire entrer la Turquie dans le club des 10 premières puissances mondiales d'ici le centenaire de la République, en 2023.

L'impact sur l'environnement serait en effet très "désastreux" selon des associations écologistes, car l'aéroport est bâti près d'un lac servant de réserve d'eau potable, et les conditions de travail des quelques 34 000 ouvriers investis sur ce chantier s'avèrent précaires. Plusieurs centaines d'entre eux ont d'ailleurs été arrêtés pour avoir manifesté afin d'obtenir une amélioration de leurs conditions et dénoncer les retards de versements des salaires. La plupart ont été relâchés, mais une vingtaine sont encore écroués.

D'après les autorités, une trentaine d'ouvriers sont morts sur le chantier depuis le début des travaux en 2015. Il était suivi par Pékin (95,7 millions), Dubaï (88,2 millions), Tokyo (85,4 millions) et Los Angeles 84,5 millions, selon l'ACI. Le dernier aéroport construit en partant de zéro est celui d'Athènes Elefthérios-Venizélos entré en service le 29 mars 2001, après celui de Munich, le 17 mai 1992.

Des chiffres hors normes mais qui sont liés au nombre croissant de passagers dans le monde.

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