Le manifestant présentait un certificat médical trafiqué — Affaire Benalla

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#Benalla La médecin explique bien aux policiers que son logiciel "met automatiquement la date de consultation en date du certificat [.] le formalisme est automatique".

D'après le JDD, le médecin qui l'a signé a avoué aux enquêteurs qu'il avait antidaté le document, laissant croire qu'il avait examiné Georgios D., l'un des deux membres du couple de manifestants interpellé de façon musclée par l'ancien conseiller du président de la République à Paris, juste après les faits. Dans une réaction faite à l'AFP dimanche, l'avocat du jeune homme confirme également l'information, et assure avoir été lésé. Dans ce document, daté du 11 mai, le docteur "évoque des traces de coups sur la poitrine et une raideur cervicale", avait déclaré Me Sahand Saber le 25 juillet.

La chronologie reconstituée par la police invite à nuancer cette présentation. "Je le reçois rapidement dans l'après-midi et je lui ai fait le certificat que vous avez", a-t-elle déclaré aux enquêteurs le 20 septembre, selon le procès-verbal rapporté par le JDD.

Le 14 mai, lors d'un nouveau rendez-vous, le médecin lui avait prescrit des anti-inflammatoires et établi un certificat d'arrêt de travail, notant qu'il s'était "bloqué le dos" la veille "en prenant sa douche", selon "le JDD".

On ne parle alors toujours pas d'une affaire Benalla mais d'éventuelles violences policières. "Georgios n'ayant pas eu copie de ces constatations, il est retourné la voir le 23 juillet, elle a cherché dans ses archives et elle lui a imprimé ce certificat", a dit Me Sahand Saber. La consultation aurait eu lieu le 11 mai 2018 mais l'attestation n'a été délivrée que le 23 juillet seulement.

Mais l'avocat des deux jeunes molestés souhaitait une aggravation des charges, au motif que les blessures du jeune homme auraient entraîné six jours d'ITT. La généraliste signataire du certificat falsifié a confessé: "Je n'aurais pas dû rédiger ça à la va-vite, c'était un lundi et une grosse journée pour moi".

En tout état de cause, cela ne devrait pas changer fondamentalement le sort d'Alexandre Benalla qui, outre les violences en réunion, est mis en examen pour "immixtion dans l'exercice d'une fonction publique", "port public et sans droit d'insignes réglementés", "recel de détournement d'images issues d'un système de vidéo-protection" et "recel de violation du secret professionnel".

Dans ce dossier, Georgios D., 29 ans, et sa compagne de 30 ans, Chloé P., ont été auditionnés le 19 septembre par les juges d'instruction.

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