Les "centres d’internement" de musulmans ouighours défendus par les autorités — Chine

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Des diplomates chinois ont fait publier ces dernières semaines des tribunes afin de donner une vision positive de ces centres d'internement. La région de Xinjiang a été transformée "en camp d'internement géant", avait dénoncé Gay McDougall, vice-présidente du comité des Nations unies pour l'élimination de la haine raciale. Bien sûr, il n'a pas précisé combien de personnes y étaient accueillies ni si elles sont autorisées à en sortir comme elles le veulent...

Malgré des preuves récoltées par des ONG et des médias étrangers, le gouvernement chinois a durant plusieurs mois niés l'existence de camps secrets de détention de musulmans au Xinjiang. La Chine ne pouvait guère cacher plus longtemps les faits au vus des documents officiels et d'images satellites qui ont été révélés au grand jour.

"Aucun effet de langage ne saurait dissimuler le fait que les autorités chinoises mènent une campagne de répression systématique dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang, jusqu'à un million de personnes étant détenues de manière arbitraire", a indiqué le communiqué de l'ONG.

Dans un long entretien publié par Xinhua, son agence de presse d'Etat, Shohrat Zakir, le numéro deux du Parti communiste chinois au Xinjiang - une région située tout à l'ouest du pays - explique que l'Etat essaye avant tout d'élever le niveau éducatif d'une partie de ses citoyens afin qu'ils ne soient pas tentés par des mouvements fondamentalistes.

Shohrat Zakir assure que ces établissements de " formation professionnelle " cherchent essentiellement à élever les compétences des " stagiaires " qui auraient, pour l'instant, des difficultés à trouver un emploi et à améliorer leurs conditions de vie. Pékin dit s'inquiéter d'une poussée de l'islamisme radical au Xinjiang, où environ la moitié des quelque 24 millions d'habitants est de confession musulmane.

Des attentats attribués par Pékin à des séparatistes ou des extrémistes ouïghours ont fait des centaines de morts ces dernières années. Certains sont élevés par leur famille proche, d'autres sont remis à des orphelinats publics.

" En Chine ils appellent cela un camp politique mais en réalité c'était une prison dans les montagnes", avait déclaré en juillet une ex-enseignante dans un de ces centres, une Chinoise d'ethnie kazakhe, devant un tribunal au Kazakhstan.

De son côté Patrick Poon, l'expert d'Amnesty International sur la Chine, a réagit en estimant que les propos de Shohrat Zakir sont " une insulte à la fois pour ceux qui souffrent dans les camps et les familles des disparus ".

Le journal en anglais Global Times contrôlé par le Parti et au ton souvent nationaliste, a fustigé dans un éditorial les critiques, assurant qu'elles visaient à " créer le désordre et à provoquer un discours antichinois ".

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