Condamné pour avoir réagi sur le décès d'une migrante sur Facebook — Maroc

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La justice marocaine lui reproche d'avoir publié sur sa page Facebook un message appelant un groupe de supporters à protester contre le décès d'Hayat Belkacem une jeune migrante originaire Tétouan, tuée par des tirs de la marine marocaine. Ces faits qui coïncidaient avec la mort et l'enterrement d'une étudiante de 22 ans, Hayat Belkacem en l'occurrence, victime de balles tirées par la Marine Royale au large de Sebta sur un bateau clandestin qui tentait de rejoindre les côtes espagnoles. Le portrait de la " martyre Hayat", une jeune qui voulait " quitter la misère pour aider sa famille ", a largement circulé sur les réseaux sociaux. Ils ont été interpellés après avoir brandi des drapeaux espagnols criant "Viva España" (Vive l'Espagne en français) durant le match. " Ses avocats avaient demandé le report de l'audience, mais Soufiane, sûr de son innocence, avait préféré un jugement immédiat ", rapporte Khadija Ryadi de l'Association marocaine des droits humains (AMDH) interrogé par La Croix.

32 ans, a été condamné dans la nuit de mercredi à jeudi par le tribunal de Tétouan, ville du nord du Maroc notamment pour "outrage au drapeau national", "propagation de la haine" et "appel à l'insurrection civile", selon son avocat Jabir Baba.

Au lendemain de ces faits, la police judiciaire de Tétouan a procédé à l'interpellation de dix-neuf supporters âgés de 14 à 23 ans. "Ils sont poursuivis pour " outrage au drapeau national ", " manifestation non autorisée " et " destruction de biens publics et privés ".

Ils devaient comparaître cette semaine devant le juge du tribunal de première instance de Tétouan. Leurs procès ont été reportés au 22 et 24 octobre.

L'outrage au drapeau national est passible de 6 mois à 3 ans de prison. La peine peut être portée à cinq ans si le délit est commis " lors d'un rassemblement ", selon l'article 267-1 du Code pénal. " Ce n'est toutefois pas interdit de porter un drapeau étranger ", conteste Houcine Oulhousse.

Les autorités marocaines ne tolèrent aucune contestation.

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