Londres menace Ryad de "conséquences" si les accusations sont fondées — Khashoggi

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22 sénateurs américains ont demandé à Donald Trump de décider s'il fallait oui ou non imposer des sanctions à l'Arabie saoudite suite à la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, critique envers Riyad.

Le journaliste saoudien s'était exilé en 2017 aux États-Unis, après être tombé en disgrâce à la cour du puissant Mohammed ben Salmane, surnommé "MBS".

Toujours est-il que la pression qui monte au Congrès risque de mettre à mal l'entente cordiale entre l'administration Trump et le royaume saoudien qui a certes besoin de l'appui militaire et politique des Etats-Unis mais sans lequel Washington aurait bien du mal à maintenir un front uni contre l'Iran.

Il a rendez-vous pour obtenir "un document saoudien certifiant qu'il n'était pas déjà marié", selon sa fiancée turque, Hatice Cengiz. "Ses amis l'avaient mis en garde", raconte son ami Yasin Aktay, également conseiller du président Recep Tayyip Erdogan.

C'est ce qu'affirme le "Washington Post" mercredi.

Le responsable a déclaré que le meurtre avait été rapide et complexe: il est arrivé au consulat dans les deux heures suivant l'arrivée d'une équipe d'agents saoudiens, avant de se faire couper le corps avec une scie à os. "Selon les informations dont nous disposons" il "se trouve au consulat", indique la présidence turque.

Selon la police turque, il n'en est jamais ressorti, mais Riyad affirme le contraire. Les fuites dans l'enquête savamment dosées par la police turque et les commentaires réguliers du président Erdogan répondent aux dénégations et aux propositions saoudiennes d'ouvrir le consulat aux enquêteurs et d'organiser une enquête internationale. Et d'ajouter que "l'idée que Khashoggi aurait été enlevé au consulat est 'dégoûtante'" et "ne devrait pas être mise en avant par les médias".

Elle a noté qu'elle voyait de près l'intérêt des autorités turques pour la question et a déclaré: " Je suis convaincue de leur capacité à résoudre le problème ". "Si les Saoudiens veulent parvenir à une conclusion satisfaisante (dans cette affaire), nous devons trouver M. Khashoggi". Mais pour l'association des journalistes turco-arabes, il ne fait aucun doute que le journaliste saoudien a été tué et de manière sauvage, affirmant avoir la confirmation de son assassinat. "Nous n'aimons pas ça et nous voulons savoir ce qu'il se passe là-bas". Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo appelle Ryad à "soutenir une enquête approfondie" et à la transparence. Ce mercredi, des images de vidéosurveillance filmées aux abords du bâtiment ont été diffusées par des chaînes de télévision turques. Auquel cas, on peut s'interroger sur le fait que les deux avions transportant les malles évacuées dans le Van aient atterri l'un à Dubaï et l'autre au Caire avant de rejoindre, beaucoup plus tard, l'Arabie saoudite. Elles montrent aussi un van entrer dans le consulat le 2 octobre puis se rendre à la résidence du consul toute proche.

Selon le Washington Post, les services de renseignement américains avaient intercepté, avant sa disparition, des communications entre responsables saoudiens évoquant son enlèvement. "Nous n'étions pas informés à l'avance de la possible disparition de M. Khashoggi", affirme le département d'Etat. L'affirmation patriotique des Khashoggi sollicitée par la presse saoudienne est en phase avec l'atmosphère qu'entretient le changement de pouvoir en cours en Arabie Saoudite et que le journaliste a récemment dénoncée. Il dit être en contact avec la fiancée de M. Khashoggi, qui a demandé son aide.

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