La police turque s'apprête à fouiller le consulat saoudien — Journaliste disparu

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Un Saoudien ouvre la porte du consulat d'Arabie saoudite à Istanbul le 9 octobre 2018.

A noter qu'après plus d'une semaine sans nouvelle de Jamal Khashoggi, le bureau des Nations unies pour les droits de l'homme a appelé la Turquie et l'Arabie Saoudite à ouvrir une enquête sur sa disparition.

La dernière fois que ce journaliste écrivant notamment pour le Washington Post a été aperçu, il se rendait au consulat d'Arabie Saoudite à Istanbul, en Turquie le 2 octobre, pour des démarches administratives. Cette révélation intervient après la publication, ce mercredi, par le New York Times d'une information selon laquelle l'équipe saoudienne aurait apporté en Turquie une scie pour démembrer Jamal Khashoggi. Il est le petit-fils du médecin du roi Abdul Aziz Al Saoud, fondateur de l'Arabie Saoudite et le cousin du milliardaire et marchand d'armes Adnan Khashoggi, disparu l'an dernier. Six véhicules ont également été vus sortant du consulat deux heures et demie après que Khashoggi y soit entré, rapporte le quotidien turc Sabah, selon lequel il serait également possible que le journaliste n'ait pas été tué, mais plutôt exfiltré du pays. Riyad affirme le contraire.

Plus tôt dans la journée, le président de la commission des Affaires étrangères du Sénat des Etats-Unis, le républicain Bob Corker, avait pris moins de pincettes en déclarant qu'au vu des informations classifiées auxquelles il avait eu accès, "tout indiquait" que Jamal Khashoggi avait bien été assassiné dans le consulat. Un van noir est visible, garé à proximité.

D'autres images montrent une camionnette entrer dans le consulat puis en ressortir et se rendre à 15 h 08, selon la chaîne 24 TV, à la résidence toute proche du consul.

La compagne turque du journaliste demande au prince héritier de "montrer le même niveau de sensibilité" en rendant publics les enregistrements des caméras de surveillance du consulat saoudien à Istanbul.

Ryad a fermement démenti la thèse de l'assassinat. Le Washington Post, où Jamal Kashoggi publiait des chroniques, a affirmé, citant une source informée, que les services de renseignement américains avaient intercepté des communications entre responsables saoudiens évoquant son enlèvement. Les chaînes turques ont diffusé des images qu'elles affirment être celles des membres de ce groupe arrivant à l'aéroport d'Istanbul puis à leur hôtel. Selon le journal américain, les employés turcs du consulat ont été priés de ne pas se rendre au travail le jour de la disparition du journaliste saoudien. Le quotidien turc progouvernemental Sabah avait révélé mardi que deux avions privés étaient arrivés d'Arabie saoudite à Istanbul ce jour-là et que les personnes à leur bord avaient des chambres réservées dans des hôtels proches du consulat mais qu'ils n'y avaient pas passé la nuit.

Les autorités turques ont obtenu mardi l'autorisation de fouiller le consulat saoudien, mais cette fouille n'a pas encore eu lieu. Récemment, le président américain Donald Trump a confirmé avoir abordé le sujet avec des hauts responsables saoudiens, l'idée étant de faire la lumière sur cette affaire.

Elle a dit qu'elle demandait au président américain Donald Trump et à son épouse Melania de l'aider à découvrir les circonstances de la disparition de Jamal. Le journaliste saoudien s'est exilé en 2017 aux Etats-Unis, après être tombé en disgrâce du prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane.

Dans une interview réalisée par la BBC trois jours avant sa disparition, M. Khashoggi a affirmé qu'il n'avait pas l'intention de revenir dans son pays.

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