Temaru annonce le dépôt d'une plainte pour crime contre l'humanité — Nucléaire

Share

Le 2 octobre, une plainte a été déposée devant la Cour pénale internationale pour crimes contre l'humanité. Oscar Temaru, ancien président indépendantiste de la Polynésie, a annoncé devant la quatrième commission de l'ONU le 2 octobre avoir porté plainte contre la France pour crimes contre l'humanité devant la Cour pénale internationale (CPI).

Une annonce réalisée à l'occasion d'un entretien entre les représentants polynésiens ainsi que les membres d'une commission de l'ONU s'étant spécialisée dans les questions de décolonisation. "Cette poursuite en justice a pour objectif de demander des comptes à tous les présidents français vivants depuis le début des essais nucléaires contre notre pays", a dit le dirigeant indépendantiste polynésien. Problème, selon Oscar Temaru cette affirmation est fausse puisque le gouvernement français a menacé d'installer une gouvernance militaire sur l'archipel si le gouvernement polynésien refusait d'autoriser ces essais. Selon lui, "les essais nucléaires français ne sont que le résultat direct d'une colonisation". Mais les appels à venir à la table de discussions faits à la France ont été " ignorés et méprisés ". "Édouard Fritch, président de la Polynésie française, accompagné d'une délégation des leaders de sa majorité, a également été entendu, ce mardi, par la commission de l'ONU". "J'affirme à nouveau que mon pays, la Polynésie française, est un pays autonome qui se gouverne librement et démocratiquement", a-t-il lancé, insistant pour dire que son pays " ne vit nullement dans une situation coloniale, ni une situation d'oppression ".

Le président de la Polynésie a rappelé qu'il avait été largement réélu en mai dernier, face au parti indépendantiste, qui avait notamment fait campagne sur le nucléaire et la décolonisation et défendu le maintien de la Polynésie dans la République française. Le député indépendantiste Moetai Brotherson a dénoncé "le siège vide de la France" lors de ces échanges à l'ONU.

En 30 ans, la France a mené dans les atolls de Mururoa et de Fangataufa pas moins de 193 essais nucléaires qui ont eu des répercussions sanitaires et environnementales.

Les conséquences des essais atomiques menés sur les atolls de de Mururoa et Fangataufa, selon Oscar Temaru, appelaient pourtant une réponse prompte et proportionnée: mortalité infantile quatre fois supérieure à la normale, cancers, malformations des nouveaux-nés, maladies graves radio-induites, contamination environnementale des eaux, des végétaux, selon l'Observatoire des armements, le centre français indépendant d'expertise et de documentation, qui étudie les répercussions de l'utilisation d'armes nucléaire.

Share