Le gouvernement va-t-il repousser le taux plein à 63 ans ?

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Mais le Haut-Commissaire s'est très peu dévoilé.

"La retraite par points, c'est le travail sans fin", affirme M. Pavageau.

Un état d'esprit partagé par Geoffroy Roux de Bézieux, "relativement satisfait dans l'ensemble", bien qu'il juge "indispensable" que le futur système de retraite "prenne en compte l'espérance de vie et d'éventuels gains de productivité". Dans le système à points, cette durée d'assurance exigée n'existe plus: seul demeure un compte en points que le salarié peut théoriquement transformer en pension à partir du moment où il a atteint l'âge minimum légal requis, que le gouvernement a promis de conserver à 62 ans.

La CFDT en avait fait un "casus belli".

Idem pour "les interruptions d'activité" comme le chômage, l'invalidité, la maladie ou la maternité, pour lesquelles des points seront accordés. La réforme changera en revanche les droits familiaux, avec une bonification "pour chaque enfant, dès le premier enfant" et non plus à partir du troisième.

Enfin, une fois votée, la réforme ne s'appliquera pas tout de suite: ceux qui s'apprêtent à prendre leur retraite dans les cinq prochaines années ne seront pas concernés et seront toujours régis par le système actuel.

"Depuis la campagne présidentielle, l'exécutif a en effet soigneusement évité de préciser la promesse d'Emmanuel Macron: "remplacer d'ici quinze ans la quarantaine de régimes de retraites actuels par un système " universel ", qui serait plus " juste " et " transparent ", car chaque euro cotisé donnerait " les mêmes droits " pour tous. Dans la fonction publique, les primes des agents civils et militaires "seront prises en compte pour le calcul des droits à retraite", ce qui n'est pas le cas actuellement.

A court terme, le calendrier reste incertain: la concertation "nous amène déjà en avril-mai", reconnaît Jean-Paul Delevoye. Le texte que le chef de l'Etat voulait voir "voté au premier semestre" pourrait donc être déposé après les élections européennes, pour une adoption "dans le courant de l'année 2019".

Pour le Medef, ce dernier point est entendu: il ne faut pas "que les fourmis soient pénalisées par les cigales", prévient M. Roux de Bézieux.

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