Le Canada retire son appui à Michaëlle Jean — OIF

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Tous deux seront présents au Sommet d'Erevan ces jeudi et vendredi, représentés par le Premier ministre Charles Michel et le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Rudy Demotte.

Le ministre gabonais des Affaires étrangères Régis Immongault Tatangani, accompagnera le président de la République au sommet des chefs d'Etat et de gouvernement qui éliront le prochain patron de la Francophonie les 11 et 12 octobre, indique la source à Xinhua.

En 2014, Michaëlle Jean avait été désignée secrétaire générale de l'OIF lors du Sommet de Dakar après avoir multiplié les visites dans plusieurs pays membres de l'organisation et à la suite d'un effort diplomatique soutenu du gouvernement conservateur de Stephen Harper.

La création du poste de secrétaire général de l'OIF remonte à 1997.

"Sur les 54 États membres (de l'OIF), une vingtaine sont des dictatures ou des régimes autoritaires avec lesquels Mme Jean s'est parfaitement bien accommodée", a-t-il noté.

Résultat: le Canada va se rallier au choix de la majorité, l'un des principes de fonctionnement fondamentaux de cette organisation étant de prendre des décisions par consensus.

"Selon des sources proches de l'OIF, la course pour sa direction " s'annonce très difficile " pour Michaëlle Jean, dont les appuis se comptent sur " les doigts d'une main ".

Au bureau du premier ministre Trudeau, on n'a pas explicitement confirmé qu'Ottawa retirait son appui à la Canadienne.

Le gouvernement québécois sortant avait, comme Ottawa, appuyé un second mandat de Mme Jean, après avoir exprimé des réserves à l'égard de la gestion et du train de vie de cette ancienne Gouverneure générale du Canada -représentante de la reine d'Angleterre, chef d'Etat en titre du Canada- née en Haïti et ex-journaliste vedette de Radio-Canada.

Du côté de la secrétaire générale sortante de l'OIF, on a laissé savoir qu'il y aurait réaction "sans doute calmement demain matin", a indiqué le porte-parole Bertin Leblanc, alors qu'il était environ 1 h 30, heure locale, en Arménie. La Belgique n'a pas encore pris de position officielle quant à ces candidatures.

Mme Mushikiwabo remporte les faveurs des pronostics, vu les soutiens obtenus, du président français mais aussi de l'Union africaine.

La candidature du Rwanda fait malgré tout grincer des dents: d'abord, parce que le pays africain a tourné le dos à la langue de Molière en remplaçant le français par l'anglais dans son cursus d'enseignement en 2010, et son bilan en matière de droits humains est bien peu reluisant.

Outre la langue, les détracteurs de la candidature rwandaise jugent qu'elle sacrifie la charte de l'OIF, qui a inscrit " le soutien aux droits de l'Homme " parmi ses missions premières, sur l'autel d'une réconciliation entre Paris et Kigali, qui accuse la France d'avoir joué un rôle dans le génocide rwandais. Le Rwanda pratique " censure, menaces, arrestations, violences, assassinats " contre les journalistes qui osent dénoncer l'autoritarisme de ses dirigeants, a récemment dénoncé Reporters sans frontières. "Je vais à Erevan avec un sourire", a-t-elle déclaré dans une interview récente à TV5 Monde. Certains craignent que la Francophonie ne devienne plutôt une cacophonie alors que l'OIF se définit comme "une institution fondée sur le partage d'une langue, le français, et de valeurs communes". Actuellement, seul un tiers des pays de l'organisation reconnaissent dans leur Constitution le français.

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