Nouveau coup de semonce du Giec — Réchauffement climatique

Share

Le monde devra procéder à des transformations "rapides" et "sans précédent" s'il veut limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, ont souligné Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec).

Ce "résumé à l'intention des décideurs politiques" avertit que si le mercure continue de grimper au rythme actuel, sous l'effet des émissions de gaz à effet de serre, il devrait atteindre +1,5°C entre 2030 et 2052, mais que si les États s'en tiennent simplement à leurs engagements de réduction d'émissions pris dans le cadre de l'accord de Paris, ce sera +3°C à la fin du siècle.

Pour le Giec, pour rester à 1,5ºC, les émissions de CO2 devront chuter drastiquement dès avant 2030 (-45 % d'ici 2030).

"Les années à venir seront les plus déterminantes de notre histoire ", estime Debra Roberts, coprésidente de cette réunion.

Pour sa collègue française, la climatologue Valérie Masson-Delmotte, également à Incheon, c'est " un constat lucide et difficile: la politique des petits pas ça ne suffit pas ".

Le premier producteur de pétrole ne souhaitait pas voir rappelé les insuffisances des engagements sur les émissions de gaz à effet de serre (GES) pour maintenir la hausse des températures à 1,5°C. Seulement alors aurons-nous une chance de nous protéger des impacts que la science nous annonce " a déclaré la responsable climat de Greenpeace, Kaisa Kosonen à l'AFP. "Ce qui compte maintenant est que nous décidions d'essayer et que nous en fassions notre priorité".

L'Alliance des petits Etats insulaires, à la pointe du combat pour inscrire l'objectif 1,5 dans l'accord de Paris, a appelé lundi " les nations civilisées à prendre leurs responsabilités en relevant leurs efforts pour réduire les émissions ". À +2°C ce serait 10 cm de plus, soit jusqu'à 10 millions de personnes supplémentaires affectées. Et en 2050, il sera nécessaire d'atteindre une " neutralité carbone ".

La part des énergies renouvelables devraient passer de 20 % aujourd'hui à 70 % en 2050, dans la production électrique.

A long terme, au-delà de 1,5°C, la calotte antarctique ainsi que celle du Groenland pourraient devenir instables. Contre un par décennie au-delà de 2°C. L'industrie devra se mettre au pas et réduire ses émissions de CO2 de 75-90 % d'ici 2050 par rapport à 2010 (comparé à 50-80 % pour 2°), et les transports passer aux énergies bas carbone (35-65 % en 2050 contre moins de 5 % en 2020). Ce rapport "démontre clairement l'importance de renforcer la réponse mondiale afin de limiter le réchauffement global à 1,5°C et la nécessité que toutes les parties prenantes soient mobilisées", poursuit Business Europe, à laquelle appartiennent une quarantaine de fédération patronales, dont la Fédération des entreprises de Belgique (FEB).

Encore faut-il que les pays les plus pollueurs jouent le jeu et que les investissements soient à la hauteur, ce qui laisse bien peu de temps pour éviter le pire.

Share