Le remaniement avant mercredi — Gouvernement

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"Je pense que tout le monde est vraiment dans le flou". "A ce stade, c'est à l'agenda du Premier ministre", indique-t-on à Matignon. "Les cabinets sont quasiment tous à l'arrêt". Edouard Philippe est arrivé mardi matin peu après 9 heures à l'Elysée, sans doute pour remettre la démission de son gouvernement et être chargé par le président d'en former un nouveau.

"Interrogée par LCI à propos du calendrier du futur remaniement provoqué par la démission du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, Mme Belloubet a assuré ne pas en connaître "le lieu" ni "l'heure" mais "évidemment ce sera pour avant mercredi".

L'annonce est attendue a priori d'ici la fin de journée, à la veille du Conseil des ministres.

Il y a des ministres "totalement engagés dans leur action" qui mettent en oeuvre des "progrès très importants" pour la société française, a-t-il estimé, citant la ministre du Travail Muriel Pénicaud ou le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer.

Pas sûr que le nouveau titulaire soit connu avant le G6 de ce lundi soir à Lyon où se réunissent les ministres de l'Intérieur des six plus grands pays de l'UE. Aussitôt renommé, il pourrait solliciter de l'Assemblée un vote sur une déclaration de politique générale.

"Si le président décide d'un remaniement ample et profond, c'est d'évidence qu'il faudra que le nouveau gouvernement demande la confiance" aux députés, a fait valoir dimanche Richard Ferrand, le nouveau président de l'Assemblée nationale et rouage essentiel du pouvoir.

"Il est temps de faire plus de place au centre et à la gauche sociale-démocrate pour avoir un gouvernement politiquement plus équilibré", a aussi plaidé dans le Parisien la députée du parti présidentiel Laurianne Rossi, issue du Parti socialiste, tout en estimant qu'il "faut aussi avoir une vraie expérience politique et un parcours militant, ce qui a pu faire défaut au gouvernement actuel".

Détenteur du portefeuille de la Cohésion des Territoires, Jacques Mézard pourrait être poussé vers la sortie. Mais selon une source parlementaire bien informée, des piliers de la macronie militent pour qu'il reste, car un départ de l'ancien président du groupe radical au Sénat "serait un mauvais message à envoyer au Sénat", notamment dans le cadre de la révision constitutionnelle pour laquelle chaque voix comptera. Parmi les possibles promus d'octobre, Marlène Schiappa, Secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, pourrait prendre du galon et devenir ministre.

Autre ministre fragilisée: Françoise Nyssen (Culture), gênée par une enquête préliminaire sur des travaux d'agrandissement dans les locaux parisiens de sa maison d'édition, Actes Sud.

Selon un sondage Odoxa pour France Inter, "L'Express" et la presse régionale, le départ de Gérard Collomb est "un mauvais signe pour l'avenir de la présidence Macron".

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