Le candidat d'extrême droite creuse l'écart — Brésil

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L'ancien capitaine de l'armée, apparu comme un phénomène électoral depuis qu'il a frôlé la mort dans un attentat lors de la campagne, a redit samedi soir sa confiance dans sa capacité à "plier l'affaire dès le premier tour".

Un scénario qui fait trembler les démocrates dans le grand pays latino-américain, mais que certains analystes n'excluent plus.

Selon un sondage Ibope diffusé samedi soir par la chaîne Globo, Jair Bolsonaro est crédité de 36% des intentions de vote pour le premier tour, soit un gain de quatre points par rapport au précédent sondage de l'institut, et Fernando Haddad de 22%, soit une perte d'un point.

Denise Rangel, secrétaire de 59 ans, qui avait voté pour l'ex-président de gauche Lula en 2002, veut désormais faire barrage au Parti des travailleurs (PT) qui l'a 'tellement déçue'.

Le duel qui se profile au second tour pour succéder au très impopulaire Michel Temer sera le résultat d'une attraction des électeurs vers les extrêmes, concomitante à l'effondrement du centre, notamment le grand parti PSDB de Geraldo Alckmin.

Samedi matin, Jair Bolsonaro est revenu sur son thème de campagne de prédilection, la sécurité.

Il a prospéré sur "deux courants forts", note le politologue David Fleischer: un fort sentiment anti-PT et anti-Lula, et un rejet de la classe politique classique. "Aujourd'hui, c'est différent! Nous aimons le Brésil, nous défendons la famille et l'innocence des enfants, nous traitons les criminels comme ils doivent l'être et nous ne sommes pas impliqués dans des scandales de corruption", a tweeté le candidat d'extrême droite. "Bolsonaro c'est le meilleur", dit Cacio de Oliveira, une fonctionnaire, "si on ne l'élit pas lui, on va devenir le Venezuela".

Ses électeurs se recrutent dans toutes les couches sociales et parmi les jeunes, qui n'ont pas connu la dictature (1964-85). Les puissants lobbys pro-armes, de l'agro-business et les évangéliques se sont rangés derrière lui.

Mais par ses insultes Bolsonaro s'est aliéné les Noirs, les femmes et les homosexuels. A la veille du scrutin, il a adouci le ton, promettant de "faire un gouvernement pour tous".

Haddad, lui, est le réceptacle de la haine farouche qu'inspire Lula à des millions de Brésiliens. Durant la campagne, Haddad n'a pas fait l'inventaire de ces années-là. Pas d'inquiétude. On vous résume les enjeux de cette élection sous tension.

Economie en berne avec 13 millions de chômeurs, discrédit des élites politiques, corruption endémique et violence record rongent le Brésil.

D'après Datafolha, les deux candidats se trouveraient au coude-à-coude en cas de second tour, prévu le 28 octobre si aucun des candidats n'obtient la majorité au premier tour du scrutin.

Ciro Gomes (PDT, centre gauche) espère toujours, malgré ses 11%, jouer le rôle d'outsider. Pourtant, les derniers sondages ont confirmé qu'il était le mieux à même de battre Bolsonaro au 2e tour.

Les 147 millions d'électeurs vont aussi désigner les 513 députés de la chambre basse du Congrès et voter pour renouveler les deux tiers des 81 sièges du Sénat.

Sous la surveillance de quelque 280.000 policiers et militaires, les premiers bureaux de vote ont ouvert à 08H00 locales (13H00 HB) et les derniers fermeront à 19H00 (00H00 HB).

Dans le plus récent sondage dont les résultats ont été rendus publics hier, Fernando Haddad est monté jusqu'à 25,2% des intentions de vote ce qui signifie une progression de 7,6% en un peu plus de deux semaines.

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