Climat : le Giec appelle à des transformations "sans précédent"

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En effet, si le mercure continue de grimper à sa vitesse actuelle, entre 2030 et 2052, le réchauffement climatique aura atteint les 1,5°C, explique le rapport fondé sur près de 6,000 écrits scientifiques.

Selon plusieurs participants, l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, contestait un chapitre faisant référence aux engagements pris à Paris par les Etats pour réduire leurs émissions et soulignant leur insuffisance globale si le monde veut rester à 1,5°C.

Le niveau des mers, si l'on s'en tient à +1,5°C, aura gagné 26 à 77 centimètres d'ici 2100.

Un rapport publié ce lundi par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) alerte sur les conséquences du réchauffement climatique si les Etats ne se mobilisent pas contre ce phénomène.

Pour rester à 1,5°C, il faut faire décliner les émissions de CO2 bien avant 2030 et fortement (-45 % d'ici 2030 par rapport à leur niveau de 2010), pour ensuite arriver, vers 2050, à une "neutralité carbone": c'est-à-dire cesser de mettre dans l'atmosphère plus de CO2 que l'on ne peut en retirer. Si le réchauffement devait être encore plus prononcé pour atteindre par exemple 2°C, les conséquences sur les écosystèmes les plus fragiles, la montée des eaux et l'accès aux ressources en eau et en nourriture des habitants des régions insulaires et subtropicales seraient encore plus marquées.

A long terme, au-delà de 1,5°C, la calotte antarctique ainsi que celle du Groenland pourraient devenir instables. A +2°C ce serait 10 cm de plus, soit jusqu'à 10 millions de personnes supplémentaires affectées. La baisse de productivité du maïs, du riz ou du blé sera plus limitée à +1,5° qu'à 2, de l'Asie du sud-est à l'Amérique latine, dit encore le rapport. À 2°C, ce sera un été par décennie.

"Les entreprises européennes sont engagées dans des objectifs ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre et sont prêtes à fournir les solutions pour lutter contre les changements climatiques et construire une économie européenne forte", a réagi l'organisation patronale européenne Business Europe, après la publication du rapport spécial du Giec. Ce recul massif d'émissions nécessaire exigera "une transition rapide et de grande portée en matière d'énergies, d'usage des sols, de transports, bâtiment et systèmes industriels".

Les énergies renouvelables devraient, elles, passer de 20 à 70% de la production électrique au milieu du siècle, la part du charbon serait réduite à poussière, la demande d'énergie devra baisser, l'efficacité énergétique croître. L'industrie devra réduire ses émissions de CO2 de 75-90 % d'ici 2050 par rapport à 2010. Un coût toutefois plus faible que l'inaction, rappellent les scientifiques.

Pour la climatologue française Valérie Masson-Delmotte, le texte du Giec est "un constat lucide et difficile: la politique des petits pas, ça ne suffit pas", peut-on en conclure en substance.

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