Le Nobel d'économie à deux chercheurs travaillant sur le climat

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Pressentis depuis plusieurs années, les deux scientifiques récompensés ont mis au point des méthodes qui répondent à des défis parmi les plus fondamentaux et urgents de notre temps.

" Les lauréats de cette année n'apportent pas de réponses définitives, mais grâce à leurs découvertes, nous sommes près de savoir comment nous pouvons avoir une croissance économique mondiale prolongée et soutenable", explique l'Académie royale des sciences de Suède.

" Leurs conclusions ont considérablement élargi le champ de l'analyse économique en permettant l'élaboration de modèles qui expliquent comment l'économie de marché interagit avec la nature et le savoir", poursuit l'Académie, par voie de communiqué. Une récompense qui intervient quelques heures après que le Giec ait remis son rapport alarmant sur le climat et fait des propositions pour endiguer le réchauffement.

Une démission fracassante. Paul Romer, 62 ans, enseignant à la Stern School of Business de l'université de New York, a posé les bases de la théorie de "la croissance endogène".

Il a mis en avant le rôle des forces économiques et des régulations dans " l'inclination " des entreprises à innover.

William Nordhaus est professeur d'économie à l'université Yale. Ces travaux font aujourd'hui autorité et servent à prédire ou quantifier les conséquences des politiques climatiques, par exemple la taxe carbone. Il milite d'ailleurs pour une telle taxe uniforme et imposée à tous les pays pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans l'atmosphère.

Leurs travaux s'appuient sur ceux du keynésien Robert Solow, prix Nobel d'économie 1987 pour ses travaux concernant l'impact du progrès technique sur la croissance.

Seul prix à ne pas figurer au testament de l'inventeur suédois Alfred Nobel, le prix de "sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel" a été créé en 1968 par la Banque de Suède à l'occasion de son tricentenaire et décerné pour la première fois l'année suivante.

Vendredi, le prix Nobel de la paix a couronné la Yézidie Nadia Murad, ex-esclave du groupe État islamique, et du médecin congolais Denis Mukwege qui oeuvrent à " mettre fin à l'emploi des violences sexuelles en tant qu'arme de guerre ". Trois femmes comptent parmi la délégation de récipiendaires, une récolte faste par rapport aux années précédentes.

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