L'épouse du président chinois d'Interpol le croit en danger

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L'organisation internationale de police Interpol a de son côté annoncé dimanche la démission "avec effet immédiat" de son président chinois Meng Hongwei.

Depuis plusieurs jours, Pékin garde le silence.

Meng Hongwei, 64 ans, "est actuellement visé par une enquête, car il est soupçonné d'avoir violé la loi", selon un communiqué publié sur le site de la Commission centrale d'inspection disciplinaire du Parti communiste chinois (PCC) au pouvoir, chargée de la répression de la corruption de fonctionnaires. Samedi, Interpol a officiellement demandé à Pékin une clarification sur cette situation: le secrétaire général de l'organisation "attend une réponse officielle des autorités chinoises quant aux inquiétudes sur le sort du président", écrit-il dans un communiqué posté sur Twitter. Puis un second message est arrivé comprenant seulement un émoticône traduisant une situation de danger, d'après Grace Meng qui a été mise depuis sous protection policière.

Selon l'hypothèse la plus plausible, celui qui était également vice-ministre du ministère de la Sécurité publique, serait l'une des dernières victimes de la vaste campagne anti-corruption lancée par le président chinois, Xi Jinping, depuis son arrivée au pouvoir, fin 2012. "Je ne suis pas sûre de ce qui lui est arrivé", a-t-elle répondu au sujet d'une éventuelle arrestation, avant d'apprendre qu'une enquête le visait. L'affaire appartient à l'équité et à la justice, l'affaire appartient à la communauté internationale, l'affaire appartient au peuple de ma patrie. Dos aux caméras par soucis de sécurité, la voix étouffée dans un sanglot, Grace Meng apparait devant les journalistes. "C'est grâce à cela qu'il tiendra le coup", ajoute-t-elle.

Une enquête pour disparition inquiétante avait été ouverte en France concernant Meng Hongwei, qui n'avait plus donné signe de vie depuis son départ en Chine fin septembre.

Interpol compte élire un nouveau président, a indiqué cette même source à l'issue de la 87e session de l'Assemblée générale d'Interpol qui aura lieu du 18 au 21 novembre 2018.

"Tant que je ne vois pas mon mari en face de moi, en train de me parler, je ne peux pas avoir confiance", a poursuivi l'épouse du président d'Interpol.

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