Deux ourses relâchées, les anti-ours promettent de les "traquer" — Pyrénées

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La réintroduction des ourses en Pyrénées-Atlantiques, dénoncée par une partie des bergers, avait été confirmée le 20 septembre par le ministre de la Transition écologique François de Rugy.

Une ourse capturée en Slovénie a été relâchée jeudi 4 octobre au matin dans les Pyrénées-Atlantiques, par hélicoptère, à la satisfaction des ONG et malgré les éleveurs anti-ours qui l'ont guettée toute la nuit en organisant des barrages en vallée d'Aspe. Sorita a désormais pris pied sur les terres de l'ours Cannellito, fils de Cannelle et dernier ours vivant issu de la lignée des Pyrénées.

A l'intérieur de la cage, une ourse slovène "en parfaite santé", dixit le ministère de la Transition écologique, qui précise qu'une autre femelle sera relâchée dans les prochains jours.

"En ce sens, conlcut le communiqué, son arrivée rappelle l'objectif de cette double réintroduction d'ours en Béarn: assurer la sauvegarde de l'espèce à l'ouest des Pyrénées et conserver le patrimoine génétique de la lignée historique de la chaîne". "Nous, c'est ce qu'on demande depuis longtemps et tant qu'on n'aura pas ça, on refusera cette réintroduction".

"Ces derniers avaient filtré puis barré la circulation sur les routes de la vallée, à la recherche du plantigrade dont la rumeur annonçait l'arrivée imminente". Répartis sur des points stratégiques, ils ont tenté de repérer et arrêté dans la nuit les véhicules susceptibles, selon eux, de transporter un ours.

Aux premières lueurs de l'aube, journalistes et bergers ont alors aperçu un hélicoptère soulevant une caisse.

"On n'a pas vu la dépose exacte", dit Franck, un manifestant, "mais soyez sûrs que dans les prochains jours, il va y avoir du monde dans les montagnes. On ne les voit pas et cela ne change rien à notre vie", dit Elise Thébault, bergère à Etsaut. Jeudi, son frère Julien Lassalle, éleveur à Lourdios Ichère, déclarait: "Maintenant, l'ours, on veut l'enlever par tous les moyens".

Dans le village de Sarrance, les anti-ours ont laissé un message aux autorités. Selon nos informations, il s'agissait de la deuxième ourse, en provenance directe de Toulouse, contrairement aux informations précédentes qui faisaient état de la présence des deux ourses sur Pau, à la veille du premier lâcher.

Pour certains éleveurs, la cohabitation entre les ours et les troupeaux est impossible. Mais il s'est dit être disponible pour "dialoguer" avec "tous les acteurs: les élus, les éleveurs, les agriculteurs, les représentants de ceux qui font vivre les montagnes". Gérard Caussimont, président du Fonds d'intervention éco-pastoral groupe Ours Pyrénées (Fiep), "attendait l'ourse depuis quatorze ans et on espère très vite une deuxième ourse".

L'association FERUS a "félicité les pouvoirs publics d'avoir tenu bon devant les menaces et les intimidations des opposants minoritaires".

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