Vu du Canada. Le nouvel Aléna, un accord "médiocre" pour les Canadiens

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"Nous demeurons concentrés sur le contenu de l'accord, pas sur le timing", a précisé Adam Austen, porte-parole de la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland.

Le Canada et les États-Unis sont parvenus à un accord sur la réforme du traité commercial Aléna qui lie ces deux pays et le Mexique depuis 1994, quelques heures avant la date-butoir fixée par Washington, ont rapporté dimanche 30 septembre au soir plusieurs médias, avant qu'une confirmation officielle n'intervienne.

Le président américain Donald Trump a salué lundi l'accord commercial "le plus important de l'histoire des Etats-Unis" conclu in-extremis dimanche avec le Mexique et le Canada, pour remplacer un traité de libre-échange crucial pour les économies des trois pays et vieux de près de 25 ans.

Cet assouplissement permettra aux producteurs américains un meilleur accès au marché canadien, comme le réclamait Washington. Le gouvernement fédéral "va payer les producteurs laitiers canadiens pour toutes les pertes liées", a affirmé à l'AFP un haut responsable canadien.

Washington et Ottawa se sont également mis d'accord pour que le nouveau traité commercial contienne un chapitre sur l'environnement, une première depuis la création de l'Aléna en 1994, et conserve l'exception culturelle canadienne chère au gouvernement Trudeau. Pour ce qui est du secteur automobile, le Canada obtient tout au plus un quota de 2,6 millions de véhicules assemblés sur place.

Les discussions, à distance cette fois, s'étaient intensifiées lors de l'ultime week-end, entre les équipes de la diplomate canadienne et de l'USTR.

Et, selon le quotidien The Globe and Mail, le Premier ministre Justin Trudeau est aussi activement engagé dans cette course contre la montre, sur fond de coup de froid diplomatique sans précédent dans les relations entre Washington et Ottawa.

À sa sortie, le dirigeant libéral s'est engouffré dans une voiture sans répondre aux questions des nombreux journalistes qui l'attendaient, mais a concédé: "C'est une bonne journée pour le Canada".

Le Canada accepte d'assouplir son système dit de la "gestion de l'offre" contrôlant la production et le prix du lait et de la volaille et assure des revenus stables aux agriculteurs canadiens grâce à des quotas annuels et des taxes à l'importation atteignant 275%.

Le texte de l'accord a été soumis au Congrès américain ce dimanche soir, dès sa conclusion.

M. Trump veut signer le nouveau texte à la fin novembre avec Justin Trudeau et Enrique Peña Nieto, qui quitte le pouvoir le 1er décembre.

"Nous n'avons pas encore franchi la ligne d'arrivée", a-t-il cependant averti en rappelant que l'accord devait encore être ratifié par les Parlements des trois pays.

Le président Trump qui est engagé dans un bras de fer avec la Chine pour réduire le déficit commercial américain, pourra avoir clos le chapitre de la renégociation de l'Alena avant les élections de mi-mandat en novembre. Le Canada a régulièrement répété de son côté que, pour lui, pas d'accord valait mieux qu'un mauvais accord. Le président américain a toujours dénoncé l'ancien accord trilatéral, le jugeant "désastreux" pour l'économie américaine, et insisté tout particulièrement pour que le nom en soit changé.

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