Ottawa et Washington parviennent in extrémis à un accord pour réformer l'Aléna

Share

Les producteurs laitiers canadiens ont vivement dénoncé lundi le nouvel accord qui ouvre un peu plus leur secteur à la concurrence étrangère.

OTTAWA | À la suite de l'accord conclu entre le Canada et les États-Unis pour le renouvellement de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), les producteurs laitiers ont réagi et considèrent que le gouvernement Trudeau ne les a pas écoutés.

"L'AEUMC offrira à nos travailleurs, agriculteurs, éleveurs et entreprises un accord commercial de grande qualité qui donnera lieu à des marchés plus libres, à un commerce plus équitable et à une croissance économique solide dans notre région", souligne ce communiqué, publié seulement 90 minutes avant l'expiration d'une date butoir imposée par les États-Unis pour arriver à rallier le Canada au compromis déjà trouvé par Mexico et Washington. Au total, 2,6 millions de véhicules assemblés au Canada sont exemptés de douanes américaines.

L'imminence de l'annonce d'un accord a rassuré les investisseurs qui redoutaient l'impact d'un échec des négociations si bien que le dollar canadien et le peso mexicain s'inscrivaient à la hausse lundi matin.

Washington et Ottawa se sont également mis d'accord pour que le nouveau traité commercial contienne un chapitre sur l'environnement, une première depuis la création de l'Aléna en 1994, et conserve l'exception culturelle canadienne chère au gouvernement Trudeau.

Selon des sources citées par les médias, Ottawa serait prêt à des concessions sur son secteur laitier si Washington acceptait l'exigence canadienne d'un maintien du mécanisme de règlement des conflits de l'Aléna (chapitre 19).

Les Etats-Unis sont restés intransigeants au niveau des droits de douane qu'ils imposent à leurs importations d'acier (25%) et d'aluminium (10%), mais ils ont fait un geste dans un autre dossier ultra-sensible, celui du secteur automobile. Cette percée est intervenue quelques heures avant que quelque 8 millions de Québécois se rendent aux urnes, pour une élection législative provinciale à risque pour la famille politique de M. Trudeau. Il contient notamment un volet sur l'environnement, maintient "intact" le système d'arbitrage des litiges commerciaux entre les trois pays d'Amérique Nord et les Canadiens y acceptent de reculer sur le lait, l'un des principaux points de litige.

Le nouvel accord commercial, même signé, doit être ratifié par les Parlements américain, canadien et mexicain pour entrer en application.

Selon ce journal, citant une source du milieu industriel américain, les Etats-Unis ont fait savoir à Ottawa qu'ils entendaient que la date butoir du 1er octobre soit respectée cette fois-ci et qu'ils pourraient rapidement mettre en place les taxes sur les exportations de l'industrie automobile canadienne si ce n'était pas le cas. "Ceci dit, nous examinons les implications à plus long terme", a dit ce haut responsable canadien.

Share