Les producteurs laitiers canadiens critiquent le nouvel accord commercial continental

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Les États-Unis, le Canada et le Mexique sont parvenus dimanche à un accord de libre échange pour l'Amérique du Nord nommé l'Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC) en remplacement du traité baptisé Aléna datant de 1994, selon un communiqué conjoint américano-canadien.

Le nouvel accord commercial scellé dimanche soir (30 septembre) entre les États-Unis, le Canada et le Mexique s'appellera "Accord États-Unis-Mexique-Canada " (AEUMC) et succédera au traité signé en 1994.

Selon plusieurs sources concordantes canadiennes, Justin Trudeau aurait accepté de faire des concessions afin de permettre aux producteurs laitiers américains un accès a 3,4% du marché canadien.

Le gouvernement fédéral va payer les producteurs laitiers canadiens pour toutes les pertes liées.

En outre, un chapitre sur l'environnement est ajouté au nouvel accord, une première depuis la création de l'Aléna. Pour ce qui est du secteur automobile, le Canada obtient tout au plus un quota de 2,6 millions de véhicules assemblés sur place.

Le Globe and Mail écrivait samedi que les négociateurs canadiens et américains allaient discuter pendant tout le week-end, via une connexion vidéo sécurisée. Dès août, le Mexique et les États-Unis s'étaient entendus sur un compromis. Le chef de gouvernement libéral jouait gros un an avant des élections législatives incertaines. Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a salué un accord "totalement bénéfique" pour les Canadiens. À la sortie, Justin Trudeau a simplement commenté: "C'est une bonne journée pour le Canada", expliquant qu'il parlerait lundi à la presse.

Donald Trump a assuré qu'il avait d'autres options à sa disposition si le Congrès américain devait rejeter le nouvel accord mais sans élaborer.

Cette percée intervient quelques heures avant que quelque huit millions de Québécois se rendent aux urnes, pour une élection législative provinciale à risque pour la famille politique de M. Trudeau.

Sans abandonner son système dit de "gestion de l'offre", qui limite la production de lait, de volaille et d'oeufs pour assurer des revenus stables aux producteurs, le Canada a concédé une plus grande part de son marché à ses concurrents américains. Le Québec produit environ les trois quarts du lait canadien.

Le président mexicain sortant, Enrique Peña Nieto, a évoqué un accord "gagnant-gagnant-gagnant".

Mais le nouvel accord doit être ratifié par les parlements des trois pays. Le président Trump avait promis de faire changer le nom de Nafta (l'acronyme anglais de l'Aléna) qu'il détestait.

L'accord a été bien accueilli par les marchés asiatiques, où l'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a atteint lundi un niveau inédit depuis novembre 1991 et le dollar canadien a bondi à son plus haut niveau en cinq mois. "Il ferme la porte à la fragmentation commerciale de la région", a réagi Jesus Seade, le conseiller économique du président-élu mexicain Andrés Manuel Lopez Obrador.

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