L'Alena signé, les producteurs laitiers du Canada inquiets

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Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a salué un accord "totalement bénéfique" pour les Canadiens.

Le quotidien The Globe and mail, citant des sources de part et d'autre de la frontière, avait indiqué un peu auparavant que les négociateurs canadiens et américains étaient tout près d'un accord.

Le président mexicain sortant, Enrique Peña Nieto, a évoqué un accord "gagnant-gagnant-gagnant".

"Le Canada et les États-Unis sont parvenus à un accord de principe, de concert avec le Mexique, sur un nouvel accord commercial moderne et adapté aux réalités du XXIe siècle", ont annoncé la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, et le représentant américain au Commerce (USTR), Robert Lighthizer.

Washington et Ottawa se sont également mis d'accord pour que le nouveau traité commercial contienne un chapitre sur l'environnement, une première depuis la création de l'Aléna en 1994, et conserve l'exception culturelle canadienne chère au gouvernement Trudeau.

À Washington, Peter Navarro, conseiller du président américain pour le Commerce, a affirmé que les deux parties négociaient "de bonne foi", et que l'on connaîtrait le résultat des tractations au plus tard lundi matin. Le système des règles d'origine étant de vigueur.

Donald Trump a assuré qu'il avait des options à sa disposition si le Congrès américain devait rejeter le nouvel accord, sans donner plus de détails.

Il avait forcé ses partenaires à la renégociation de l'accord de libre-échange nord-américain de 1994 (Aléna) qu'il jugeait désastreux pour l'économie américaine, estimant qu'il avait fait perdre des millions d'emplois au secteur manufacturier américain et en particulier l'automobile. C'est un tournant pour le président Trump qui dès son investiture avait dénoncé l'Accord de Paris.

Quelque 2,6 millions de véhicules assemblés au Canada sont exemptés de douanes américaines. Le nouveau texte prévoit des règles incitant à se fournir en matériaux et composants aux États-Unis et en Amérique du Nord.

Il contient notamment un volet sur l'environnement, maintient "intact" le système d'arbitrage des litiges commerciaux entre les trois pays d'Amérique Nord et les Canadiens y acceptent de reculer sur le lait, l'un des principaux points de litige.

"L'AEUMC offrira à nos travailleurs, agriculteurs, éleveurs et entreprises un accord commercial de grande qualité qui donnera lieu à des marchés plus libres, à un commerce plus équitable et à une croissance économique solide dans notre région", souligne ce communiqué, publié seulement 90 minutes avant l'expiration d'une date butoir imposée par les États-Unis pour arriver à rallier le Canada au compromis déjà trouvé par Mexico et Washington. Donald Trump en exigeait le démantèlement complet, Ottawa a ouvert 3,4% de son marché, "de manière semblable au TPP", le Partenariat Transpacifique que le Canada a signé en mars avec dix pays de l'Asie-Pacifique.

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