L'Aléna devient l'Accord économique États-Unis, Mexique, Canada

Share

Le nouvel accord commercial entre le Mexique, le Canada et les Etats-Unis remplaçant l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) ne résout pas le problème de la compétitivité érodée de la région, selon un économiste mexicain reconnu. Au total, 2,6 millions de véhicules assemblés au Canada sont exemptés de douanes américaines.

Le Mexique et les États-Unis s'étaient entendus sur un compromis dès le mois d'août.

"C'est une bonne journée pour le Canada", a lancé le premier ministre Justin Trudeau, après l'annonce dimanche soir de la conclusion de cette nouvelle entente commerciale.

"Le Canada et les États-Unis sont parvenus à un accord de principe, de concert avec le Mexique, sur un nouvel accord commercial moderne et adapté aux réalités du XXIe siècle", ont annoncé la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, et le représentant américain au Commerce (USTR), Robert Lighthizer.

Selon la version de l'AEUMC diffusée par les États-Unis, Washington, Ottawa et Mexico doivent se consulter avant de conclure un nouveau traité de libre-échange avec une tierce partie.

Alena: incertitude sur la conclusion d'un accord entre Ottawa et Washington d'ici dimanche soir

En revanche, les lourds droits de douane imposés à l'acier et à l'aluminium canadiens - parmi d'autres - par un président Trump soucieux de protéger la sidérurgie américaine restent en place pour le moment, malgré la colère d'Ottawa. Cette percée intervient quelques heures avant que quelque 8 millions de Québécois se rendent aux urnes, pour une élection législative provinciale à risque pour la famille politique de M. Trudeau.

Selon les premières informations disponibles dimanche soir, le Canada aurait accepté d'ouvrir davantage son marché aux producteurs de l'industrie laitière américaine, qui s'estiment injustement pénalisés par des surtaxes très élevées à la frontière. Il contient notamment un volet sur l'environnement, maintient "intact" le système d'arbitrage des litiges commerciaux entre les trois pays d'Amérique Nord et les Canadiens y acceptent de reculer sur le lait, l'un des principaux points de litige.

Le président américain a encore compliqué cette délicate négociation en s'en prenant de façon très peu diplomatique au Canada au cours d'une conférence de presse à New York, affirmant avoir refusé de rencontrer Justin Trudeau à cause de l'intransigeance de ses négociateurs. "Dans la perspective de l'électorat canadien, la situation actuelle est causée par l'administration américaine et je pense que Justin Trudeau va être reconnu pour avoir sauvé les meubles et je ne vois comment il pourrait pâtir de cet accord-là".

Le président Trump qui est engagé dans un bras de fer avec la Chine pour réduire le déficit commercial américain, pourra avoir clos le chapitre de la renégociation de l'Alena avant les élections de mi-mandat en novembre. "Ceci dit, nous examinons les implications à plus long terme", a dit ce haut responsable canadien.

Share