Alena. Le Canada et les États-Unis ont trouvé un accord

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La ministre canadienne des Affaires étrangères Chrystia Freeland, qui dirige les négociations pour Ottawa, a toutefois reporté un discours qu'elle devait prononcer samedi à New York, dans le cadre de l'assemblée générale annuelle des Nations unies.

Dans les dernières heures avant la date-butoir fixée par Washington, les États-Unis et le Canada sont parvenus dans la nuit de dimanche à lundi à un accord sur leurs relations commerciales.

"L'accord renforcera la classe moyenne et créera de bons emplois bien rémunérés ainsi que de nouvelles opportunités pour près de 500 millions de personnes qui vivent en Amérique du Nord", ont assuré Mme Freeland et M. Lighthizer. L'exception culturelle canadienne reste aussi garantie, a indiqué un haut responsable canadien.

Le système des règles d'origines en matière de production automobile évolue peu. Pour ce qui est du secteur automobile, le Canada obtient tout au plus un quota de 2,6 millions de véhicules assemblés sur place. "Mais nous n'y sommes pas encore", a confié le diplomate en quittant les négociateurs canadiens à Ottawa pour repartir vers la capitale américaine, se disant "optimiste".

Washington et Mexico s'étaient entendues sur les termes d'un nouvel Aléna fin août, ce qui avait accru la pression sur les épaules du Premier ministre Justin Trudeau. Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a convoqué un conseil des ministres d'urgence à 22h00 locales.

À sa sortie, le dirigeant libéral s'est engouffré dans une voiture sans répondre aux questions des nombreux journalistes qui l'attendaient, mais a concédé: "C'est une bonne journée pour le Canada". Cette percée est intervenue quelques heures avant que quelque 8 millions de Québécois se rendent aux urnes, pour une élection législative provinciale à risque pour la famille politique de M. Trudeau.

Au moment où le président américain louait le texte au cours d'une longue conférence de presse consacrée essentiellement aux échanges commerciaux dans la roseraie de la Maison Blanche, apparaissaient les premières critiques mais aussi les premières questions sur un éventuel blocage au Congrès américain, qui après les législatives de novembre pourrait en partie repasser sous majorité de l'opposition démocrate.

Le nouvel accord commercial, même signé, doit être ratifié par les Parlements américain, canadien et mexicain pour entrer en application.

De son côté, la Fédération québécoise des municipalités s'est dite déçue du nouvel accord qui attaque directement les régions et les milieux ruraux au Québec et qui coûtera selon elle 300 M$ aux producteurs laitiers. Le Canada a accepté d'offrir aux États-Unis un accès à 3,5% de son marché laitier, évalué à 16 milliards de dollars (14 milliards d'euros). Le président américain a toujours dénoncé l'ancien accord trilatéral, le jugeant "désastreux" pour l'économie américaine, et insisté tout particulièrement pour que le nom en soit changé.

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