La citoyenneté d'honneur retirée à Aung San Suu Kyi — Canada

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Le gouvernement d'Ottawa et les législateurs canadiens ont finalement mis en route une procédure marquant leur ferme désapprobation quant à la nationalité d'honneur octroyée à la leader birmane depuis 11 ans.

Le jeudi 27 septembre, les députés canadiens ont décidé unanimement de révoquer la citoyenneté honoraire de la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi.

Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, expliqua à la presse qu'il était ouvert à cette procédure, mais que, malheureusement, cela n'aurait aucun effet sur la crise actuelle des Rohingyas. Depuis, la lauréate du prix Nobel de la paix a accédé au pouvoir en Birmanie et est sous le feu des critiques pour son refus de dénoncer les crimes commis par la junte militaire contre la minorité musulmane des Rohingyas. "La motion intervient une semaine après que la Chambre des communes a reconnu les crimes contre les Rohingyas comme étant un génocide", rapporte The Globe and Mail.

Considérés comme des étrangers au sein d'une Birmanie à plus de 90% bouddhiste, les Rohingyas sont apatrides, même si certains vivent dans ce pays depuis des générations. "Aujourd'hui, la Chambre a adopté à l'unanimité une motion pour lui enlever ce statut", a dit Adam Austen, porte-parole de la ministre canadienne des Affaires étrangères Chrystia Freeland.

Entre août et décembre 2017, plus de 700.000 Rohingyas ont fui la Birmanie vers le Bangladesh voisin après une offensive de l'armée birmane, marquée par des exactions contre cette minorité, des viols, des exécutions extrajudiciaires et des villages incendiés.

Selon Le Devoir, le gouvernement canadien a fait savoir qu'il continuerait d'offrir de l'aide humanitaire aux Rohingyas et de réclamer que les responsables de violences soient traduits en justice.

Le Canada n'a accordé la citoyenneté honorifique qu'à cinq autres personnalités, parmi lesquelles Nelson Mandela, le dalaï-lama ou encore la Pakistanaise Malala Yousafzai.

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