Prothèses mammaires. Un médecin alerte sur les risques d’un cancer rare

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Ce jeudi 27 septembre, sur Franceinfo, le chirurgien-plasticien et esthétique Christian Marinetti a cette fois dénoncé le danger entourant des prothèses mammaires conçues par l'Américain Allergan, leader du secteur. Dans le collimateur du révélateur du scandale PIP: le modèle texturées Biocell, de l'Américain Allergan, utilisé souvent en chirurgie réparatrice pour un cancer du sein.

Il les accuse de provoquer un cancer très rare, le lymphone anaplasique à grandes cellules.

Le praticien ne tient cependant pas à affoler les porteuses de ce type de prothèses. "Comme pour un médicament, les prothèses ont des effets secondaires". Celui-ci est grave, mais rare. "Le risque est faible, précise-t-il, mais maintenant que nous le connaissons, nous sommes obligés d'en tenir compte". En dépit du risque, il ne souhaite ainsi pas bannir ces implants de la salle d'opération.

Pour Christian Marinetti, il existe un point commun à presque toutes les femmes malades: "Celle qui donne le plus de problèmes de lymphome, c'est la Biocelle d'Allergan". Car "elle a permis à des tas de femmes qui ont eu un cancer du sein, qui ont été amputées du sein, de retrouver une apparence physique normale". Il va continuer à utiliser la Biocell "quand on ne peut pas faire autrement". Charge au chirurgiens "d'évaluer sur le terrain quels sont les avantages ou les inconvénients d'utiliser tel ou tel type d'implant dans l'intérêt du patient".

La marque la plus implantée en France, répond Allergan.

Contacté par Franceinfo, Allergan France a reconnu la part importante de ses prothèses dans les cas de lymphomes, mais se défend de toute ressemblance avec l'affaire PIP: "C'est parce que nous sommes aussi la marque la plus implantée", explique Francis Lemoine, le président d'Allergan France.

Pour les femmes porteuses de prothèses mammaires, c'est un nouveau cas dur. "Nos prothèses sont marquées, donc facilement identifiables lorsqu'on les retire, et donc plus traçables, c'est aussi pour cela que nos prothèses sont le plus citées dans ces cas de cancers".

Du côté de l'entreprise, le mot d'ordre est simple: les cas de maladies détectées ne sont pas liées, comme dans le cas de l'affaire PIP, à des prothèses mammaires défectueuses. Il ajoute qu'il n'est pas question de parler de retrait du marché tant que les autorités sanitaires n'auront pas livré de recommandations allant dans ce sens, fin novembre.

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