La Russie renforce la défense antiaérienne syrienne au risque de fâcher Israël

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" Le président russe (Vladimir Poutine) a informé (Bachar al-Assad) de la décision de mettre en oeuvre des mesures supplémentaires destinées à assurer la sécurité des soldats russes en Syrie et à renforcer la défense anti-aérienne du pays, y compris via la livraison de systèmes modernes S-300", selon un communiqué du Kremlin.

" Nous sommes convaincus que la réalisation de ces mesures va refroidir les têtes brûlées et empêchera les actes irréfléchis constituant une menace pour nos soldats", a déclaré le ministre de la Défense Sergueï Choïgou lors d'une déclaration diffusée à la télévision.

Une semaine après la destruction de l'Iliouchine-20 de l'armée russe au-dessus de la Méditerranée par la défense antiaérienne syrienne, qui a fait 15 morts, le Kremlin a durci son discours, au départ plutôt conciliant, contre Israël qui bombardait alors la zone et qui n'a pas ménagé ses efforts depuis pour convaincre Moscou de sa bonne foi.

" Les forces armées syriennes seront fournies d'ici deux semaines en systèmes modernes S-300". Ces derniers, selon le membre du gouvernement russe, "sont capables d'intercepter des appareil sur une distance de plus de 250 kilomètres et peuvent frapper en même temps plusieurs cibles dans les airs". En outre, des S-300 opérés par l'armée russe sont déployés autour de la base navale russe de Tartous en Syrie, tandis que des S-400, encore plus modernes, sont déployés sur la base aérienne de Hmeinim.

Par ailleurs, " la navigation par satellite, les radars de bord et les systèmes de communication d'avions militaires attaquant des cibles sur le territoire syrien seront neutralisés par brouillage électronique dans les zones adjacentes à la Syrie en mer Méditerranée", a indiqué Sergueï Choïgou. "Dans le cas contraire, nous réagirons de manière appropriée", a-t-il ajouté.

Ces tensions témoignent de la manière dont le conflit syrien s'est complexifié depuis qu'il a éclaté en 2011, impliquant désormais de nombreuses puissances aux intérêts parfois contraires, des Occidentaux aux Iraniens en passant par la Turquie.

La Russie a annoncé lundi son intention de renforcer la défense antiaérienne de l'armée syrienne avec ses batteries S-300, à la suite de la destruction par erreur d'un avion russe après des frappes israéliennes, ainsi que de brouiller certaines communications sur la Méditerranée. D'après ce dernier, l'engin russe a en effet été abattu par le système de défense anti-aérienne syrien alors que des F-16 israéliens s'en servaient comme couverture, pour opérer des frappes sur la province syrienne de Lattaquié.

L'armée israélienne a assuré dimanche que ses avions ne " s'étaient pas caché derrière un quelconque appareil et [.] se trouvaient dans l'espace [aérien] israélien au moment où l'avion russe a été abattu ".

Il a cependant soligné que les livraisons de S-300 n'étaient "dirigées envers aucun pays tiers, mais destinée à défendre les militaires" russes.

Une photo prise le 27 août 2013 d'un système de missile de défense aérienne russe Antey 2500, ou S-300 VM, est exposée lors de l'ouverture du salon aéronautique MAKS à Joukovski près de Moscou, en Russie.

Il s'agit du plus grave incident entre la Syrie et la Russie, tous deux alliés, depuis que Moscou est intervenu militairement fin 2015 en Syrie pour épauler le régime de Damas, alors affaibli face aux rebelles et aux jihadistes.

L'armée syrienne visait des F16 israéliens qui bombardaient un dépôt d'armes destinés, selon Israël, au Hezbollah.

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