Emmanuel Macron dévoile son "plan santé"

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Le plan Santé, qu'il dévoile en personne, à l'Elysée, ce matin, veut répondre au malaise des hospitaliers, nombreux à se plaindre de la pression financière qui les étreint, au détriment de soins de qualité, mais aussi aux médecins libéraux, qui croulent, parfois, sous la paperasse ainsi qu'aux patients, qui se plaignent de ne pas trouver de médecins rapidement, partout en France.

Dans l'esprit d'Emmanuel Macron, le médecin seul à son cabinet semble être devenu un anachronisme et il promet que seront déployées les "Communautés professionnelles territoriales de santé " et que l'exercice isolé, qui concerne aujourd'hui encore plus de la moitié des médecins, ne sera bientôt "plus possible ". "Si on nous donne les moyens de mieux nous organiser dans les territoires, nous pourrons prendre en charge y compris les soins non programmés et nous nous organiserons collectivement", a assuré le président de la Confédération des syndicats médicaux français, Jean-Paul Ortiz, qui a néanmoins souligné ne pas vouloir "entendre parler d'une obligation individuelle".

Le budget de ce plan hôpital est estimé à 3,4 milliards d'euros d'ici à 2022. Dans une interview accordée au Parisien, la ministre de la Santé Agnès Buzyn explique ainsi cette décision: "Pour arrêter le gâchis humain". Il faut bien faire une sélection donc autant la faire le plus tôt possible parce qu'après trois ans d'études de médecine, que vont faire ces étudiants qui seront déjà bien spécialisés? Dès 2019, l'objectif national de dépenses de la Sécurité sociale (ondam) sera porté à 2,5%, soit une rallonge de 400 millions par rapport aux prévisions budgétaires initiales. Pour cela, le numerus clausus sera supprimé "dès 2020", comme le confirme la ministre de la Santé, dans Le Parisien.

Dans la même veine, 400 postes de médecins salariés seront créés dans les déserts médicaux "pour permettre aux patients d'accéder à une consultation généraliste". Ce métier comprend des tâches à la fois administratives et paramédicales telles que la prise de tension, température, etc.

Un nouveau statut d'hôpital "de proximité" sera créé par une loi en 2019. " Les premiers arriveront dès 2019 dans les quartiers prioritaires pour l'accès aux soins et les zones sous-denses", c'est-à-dire dans les déserts médicaux. Emmanuel Macron va réduire la part de la tarification à l'activité (T2A).

Le chef d'Etat, sûr de lui devant des responsables de la santé réunis à l'Elysée, l'annonce: "mon ambition est claire: je veux que le système de santé soit l'un des piliers de l'Etat providence du XXIe siècle qui prévient et protège et puisse accompagner les parcours de vie".

Parmi les autres mesures, des forfaits "patient diabétique" et "patient insuffisance rénale chronique" vont être instaurés dès l'an prochain. Les étudiants doivent avoir une certaine capacité à engranger des connaissances énormes qui leur serviront pour les années à venir.

Le numerus clausus sera remplacé par " un mode de sélection rénové " qui reste assez flou pour le moment. En pratique, chaque hôpital devra se concentrer sur les soins les plus pertinents, avec un classement en trois niveaux: soins de proximité, soins spécialisés et soins " ultra spécialisés ".

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