Emmanuel Macron dévoile son plan santé, baptisé "Ma santé 2022" — Réforme

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Les principales fédérations du secteur ont salué les intentions présentées par Emmanuel Macron, tout en dénonçant l'insuffisance du volet financier et la possibilité de fermetures de certains services hospitaliers.

Le plan santé qu'Emmanuel Macron va annoncer mardi sera accompagné d'un effort budgétaire d'environ 400 millions d'euros par an jusqu'en 2022 afin de financer notamment une nouvelle répartition des soins entre médecine de ville et hôpital. "Notre système de santé doit mieux prévenir (.) et être construit autour du patient", a aussi dit le chef de l'État.

Le chef de l'État a ensuite expliqué que "le système de santé ne souffre pas d'un sous-financement mais d'un problème d'organisation". Il a reconnu "un risque d'implosion" de l'hôpital lors de la présentation de ce plan, baptisé "Ma santé 2022". "Je veux que le système de santé soit l'un des piliers de notre État-providence du XXIème siècle (.) Nous devons le restructurer pour les cinquante ans à venir", a-t-il notamment affirmé en préambule, citant les "tensions financières" et le "coût du vieillissement".

Une cinquantaine de mesures.

Depuis 1971, le "numerus clausus" fixe chaque année le nombre de places disponibles en seconde année d'études de médecine - un système de quotas qualifié de "gâchis" par la ministre de la Santé Agnès Buzyn et d'"inefficace et injuste" par Emmanuel Macron pendant la campagne.

Le symbole est fort, mais ne produira ses effets qu'à long terme. Dans l'immédiat, l'exécutif veut "regagner du temps médical" et met la main à la poche pour y parvenir. Les crédits de l'assurance maladie augmenteront plus que prévu l'an prochain: 2,5% au lieu de 2,3%, soit près de 400M¤ en 2019.

Au total, 3,4 milliards d'euros seront injectés dans cette "transformation" globale, dont 1,6 milliard pour "la structuration des soins dans les territoires", 920 millions pour l'investissement hospitalier, 500 millions pour la "transformation numérique" et 420 millions pour "l'évolution des métiers et des formations", a détaillé le ministère de la Santé.

Une rallonge qui financera notamment la création de 4.000 postes d'"assistants médicaux", censés "décharger" les médecins des tâches administratives et de certains "actes simples comme une prise de tension ou de température". Avec ce temps médical "regagné", ils seront priés d'accepter de nouveaux patients et d'assurer des consultations sans rendez-vous en journée, jusqu'à 20 h. Pour endiguer leur développement, 400 médecins généralistes vont être recrutés sur la base du volontariat et seront salariés par des centres hospitaliers de proximité ou des centres de santé situés dans ce type de zone.

En revoyant le financement des hôpitaux, le gouvernement entend faire en sorte que la tarification à l'activité (T2A) ne constitue désormais pas plus "de 50% des modes de financement" et que la partie du financement dédié à la qualité et au parcours du soin prenne une place prépondérante. Le président de la République a reçu les professionnels de santé pour présenter la réforme "Ma santé 2022, un enjeux collectif ".

Son ministère va par ailleurs rebattre la carte hospitalière, pour "organiser une vraie gradation des soins".

"Chaque hôpital devra se concentrer sur les soins pour lesquels il est le plus pertinent", annonce Emmanuel Macron. Une classification en trois niveaux s'appliquera désormais: les hôpitaux chargés du soin de proximité (médecine générale, gériatrie, soins de suite), ceux chargés des soins spécialisés comme la chirurgie ou les services de maternité, et enfin les soins ultra-spécialisés dans des plateaux techniques de pointe. Au-delà, il souhaite que "l'exercice isolé" de la médecine de ville "disparaisse" d'ici à la fin de son quinquennat. Emmanuel Macron souhaite que les premières mesures parmi celles qu'il a évoqué devrait pouvoir être appliquée dès le début de l'année 2020, après une loi dédiée à la santé débattue au parlement dans le courant de l'année 2019, sans donner plus de détails.

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