Procès Clément Méric : l’Axonais Esteban Morillo condamné à 11 ans de prison

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"Leurs avocats ont d'ores et déjà annoncé qu'ils comptaient faire appel". "Il y a eu des agresseurs et des agressés, ils ne sont pas renvoyés dos à dos, comme cela a été le cas depuis cinq ans", a déclaré son père Paul-Henri Méric.

Esteban Morillo, qui avait reconnu être l'auteur des coups mortels, a été condamné à 11 ans de prison, Samuel Dufour, reconnu coupable de port d'arme -un poing américain - mais pas d'avoir frappé Clément Méric à sept ans.

Un verdict qui a assommé les deux anciens skinheads, Samuel Dufour fondant en larmes sur le banc des accusés tandis qu'Esteban Morillo restait le visage fermé.

En revanche, la cour s'est refusée à inclure Alexandre Eyraud dans "l'action collective", personne ne l'ayant vu donner le moindre coup. Quatre ans dont deux avec sursis avaient été requis contre lui.

Le 5 juin 2013, Clément Méric succombait à des coups reçus lors d'un affrontement avec des skinheads en plein cœur de Paris, en marge d'une vente privée de la marque Fred Perry.

Ce procès doit rendre justice à Clément et mettre en évidence la violence intrinsèque de l'extrême droite. Le gouvernement dissout plusieurs groupuscules d'ultradroite, notamment Troisième voie dont étaient proches les accusés.

Deux semaines de débats ont permis de décortiquer "sept secondes" de coups mortels mais laissé de nombreuses zones d'ombre.

"Cette sauvagerie est parfaitement inadmissible", a martelé l'avocat général, décrivant "une bataille voulue qui aurait pu être évitée" si les skinheads n'avaient pas choisi, en sortant du showroom, d'aller "droit" sur les jeunes antifascistes qui patientaient dans la rue "à 29 mètres" de là. Invités à s'exprimer une dernière fois avant que la cour se retire pour délibérer, les accusés, des "manuels " élevés avec peu de mots ou en "patriotes", ont répété qu'ils étaient "désolés " face à la famille de Clément Méric, fils d'universitaires et étudiant à Sciences Po.

L'accusation n'a pas cherché à reprendre tous les éléments d'un dossier où témoins et expertises se contredisent, mais s'est attachée, avec succès, à convaincre les jurés du caractère collectif du crime. Dufour affirme s'être battu, mais pas avec Méric.

"Je ne me résous pas au gloubi-boulga juridique, avait bondi l'avocat de Samuel Dufour, Antoine Vey".

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