Mise en cause au Parlement européen, la Hongrie va répliquer

Share

Le Parlement européen a demandé mercredi à l'Union européenne de réagir à la situation démocratique en Hongrie, une première dans l'histoire de l'UE. Le vote du Parlement hier est certes historique parce qu'il dénonce pour la première fois "un risque réel de violation grave des valeurs européennes" dans un pays européen.

Le Conseil, statuant çà la majorité qualifiée, peut décider de suspendre certains des droits découlant de l'application des traités de l'Etat membre en question, y compris les droits de vote du représentant du gouvernement de cet Etat membre au sein du Conseil. La majorité requise était des deux tiers des suffrages exprimés.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, accusé de porter atteinte aux valeurs fondamentales de l'UE, a dénoncé mardi devant le Parlement européen tout "chantage" visant à le faire dévier de sa position intransigeante à l'égard des migrants.

"La décision d'aujourd'hui n'est rien de moins qu'une petite vengeance des politiciens pro-immigration contre la Hongrie", a déclaré après le vote le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto, à l'issue d'une réunion gouvernementale.

" Je n'accepterai pas que les forces pro-immigration nous menacent, fassent un chantage et calomnient la Hongrie sur la base de fausses accusations", a lancé le dirigeant ultraconservateur aux parlementaires.

Le rapport Judith Sargentini établit une longue liste de "préoccupations" portant sur le bafouement des libertés et valeurs prônées par l'UE dans la presse, au sein des universités, contre les minorités, contre les migrants, mais aussi en matière de corruption et d'indépendance de la justice. "Les décisions hongroises sont prises par les électeurs", a rétorqué M. Orban, estimant que son pays était puni pour avoir une vision "différente" sur la "nature chrétienne de l'Europe", le "rôle des nations", la "vocation de la famille" et les "questions migratoires".

La guerre contre les populismes en Europe est-elle déclarée?

Au sein des autres groupes, M. Orban peut compter sur le soutien des souverainistes, des eurosceptiques et de l'extrême droite. Fin août, il avait, après une rencontre avec le ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini, désigné le président français Emmanuel Macron comme son ennemi en Europe. Le groupe n'avait pas donné de consigne de vote mais son président, l'Allemand Manfred Weber, par ailleurs candidat à la présidence de la Commission européenne, avait dit qu'il voterait en faveur des sanctions.

Les députés européens ont activé la procédure de l'article 7, qui pourrait conduire à des sanctions sans précédent contre Budapest. On savait le parti divisé sur l'opportunité ou pas de stigmatiser le parti de Viktor Orban, le Fidesz, qui fait partie du PPE depuis toujours.

Share