Les cinq mesures à retenir — Plan pauvreté

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Soucieux de combattre l'image de "président des riches" que lui colle l'opposition, Emmanuel Macron avait passé cinq heures lundi dans un centre d'ATD Quart Monde pour échanger avec des personnes touchées par la grande pauvreté, une rencontre qui devrait "nourrir les mots de son discours", ont expliqué ses conseillers.

Il a aussi donné des gages à l'aile gauche de sa majorité, qui appelait à un tournant social de la politique gouvernementale jugée trop libérale par certains élus. D'un montant de huit milliards d'euros sur quatre ans, ce programme permettra, selon lui, de lancer un combat "indispensable" pour la France.

Emmanuel Macron a annoncé ce jeudi une "loi en 2020" visant à créer "un revenu universel d'activité" qui fusionnerait plusieurs prestations sociales pour "garantir un seuil minimal de dignité" à tous, lors de la présentation du plan pauvreté.

Il a d'ailleurs repris l'une de ses formules les plus polémiques, celle sur les "premiers de cordée", qu'il avait utilisée à l'automne 2017. "N'oublier personne, c'est dire aux premiers de cordées 'n'oubliez pas les derniers de cordée'", affirme-t-il.

La ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, a précisé que ce revenu n'était pas universel. En 2016, la France comptait 8,8 millions de personnes pauvres, soit 14 % de la population, selon l'Insee. J'ai décidé qu'une obligation de formation jusqu'à 18 ans serait mise en place. "Le Revenu Universel, c'est un levier de lutte contre la pauvreté avec la garantie automatique de ne jamais avoir moins de 600 euros par mois pour vivre". Des moyens supplémentaires seront attribués aux missions locales pour qu'elles repèrent les décrocheurs du système scolaire et leur proposent des formations. "La formation des personnels chargés de la petite enfance doit également être améliorée".

L'Etat veut par ailleurs trouver des solutions avec les départements pour prolonger le suivi des enfants de l'Aide sociale à l'enfance. Notamment pour que les bénéficiaires puissent continuer à bénéficier de ce soutien de l'ASE plus longtemps, jusqu'à 21 ans.

Outre ce pilier "insertion", Emmanuel Macron a présenté un autre ensemble de mesures, destinées à prévenir la pauvreté dès le plus jeune âge.

Ensuite, l'aide au paiement d'une complémentaire santé (ACS) sera bientôt intégrée à la couverture maladie universelle (CMU-C). Il promet ainsi un " développement massif des dispositifs d'insertion par l'activité économique ", estimant que " le retour au travail est le meilleur outil de lutte contre la pauvreté ".

Dans le but de faciliter cette (ré) insertion professionnelle, divers dispositifs - tels que les chantiers d'insertion, les territoires zéro chômeurs, le Travail alternatif payé à la journée (Tapaj) - doivent être étendus à 100.000 bénéficiaires supplémentaires d'ici 2022, contre 140.000 aujourd'hui.

"Je souhaite créer par une loi en 2020 un revenu universel d'activité, dont l'Etat sera intégralement responsable" (...) Ne l'appelez pas RUA.

Sur le premier volet, il prévoit notamment d'ouvrir davantage les crèches aux enfants de quartiers prioritaires ou défavorisés - via des bonus financiers aux collectivités -, de créer un fonds pour financer des petits-déjeuners dans les écoles prioritaires.

Ce qu'il faut avant tout retenir des mesures qui seront prises, espérons-le, concernant le système social est qu'une amélioration de l'accès aux soins est souhaitées ainsi qu'une simplification du système des aides sociales. "Une personne n'a peut-être pas vocation à retrouver un emploi à temps complet", reconnaît le chef de l'Etat.

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